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 Pacoss-Ticks, la loutre guerrière

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Pacoss-Ticks

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Date d'inscription : 27/03/2016
Localisation : Rivage sufokien

MessageSujet: Pacoss-Ticks, la loutre guerrière   Dim 22 Mai 2016 - 15:13

le texte qui suit contient des musiques qui sont a écouter pendant la lecture pour une meilleure immersion. Ce n'est bien sur pas obligatoire, mais tout de même recommandé.



Je m'appelle Pacoss-Ticks. Ma réputation, souvent me précède, et on m'attribue bien des explois. Mais voici la veritable histoire.



Au commencement... il y avait le début.


Tout a commencé... en l'an 637. Alors que je n'étais née que depuis quelques semaines, mes parents, d'illustres aventuriers, se mirent en quête des six dofus primordiaux. Assez rapidement, leur quete les ammena à rencontrer le vénérable Chêne Mou. Rencontre assez musclée, il est vrai, dont l'enjeu était le convoité dofus turquoise. Cependant, l'entretient avec le maître de la forêt fut interompu par la mort des deux aventuriers... chose assez banale en ces lieux, mais Ô combien importante pour mon avenir.

Orpheline, donc, je fus recueillie par une abraknyde. Elle m'apprit le langage des plantes, et à me défendre. Le peuple de la forêt est magnifique de diversité, la règle d’or pour vivre en ce lieu est le partage. Nous parlons d’ailleurs de « famille » plus que de « peuple ».

L’abraknyde qui m’a recueillie est une grande guerrière. Bien plus grande que la plupart de ses semblables, elle est ce que nous appellerions ici un Titan. Elle est d’ailleurs en bonne place pour devenir la prochaine abraknyde ancestrale. Nous vivions dans un bosquet sombre et humide qui pouvait abriter jusqu'à quarante abraknydes les soirs de tempête.

A l'âge de quatre ans, je maniais à la perfection mon arc en racines d'abraknydes, m'entrainant à tirer sur les araknées et sur les champas que mes amies abraknes faisaient apparaitre pour les grandes occasions. J’accomplissais avec brio tous les rites de la vie d’une abraknyde guerrière, mais étais limitée par ma condition pour de nombreux actes. Aussi, au fil du temps, un équilibre s'était installé entre nous, ayant des dispositions physiques differentes. De plus, il m'arrivait parfois de croiser Josette Taplanne, devant la clairière du Chêne Mou. Celle ci étant une humaine transformée en abraknyde, j'ai pu apprendre le langage de mon peuple. C'est donc une enfance sauvage que j'ai eu, forgeant mon caractère et mon corps.

Vers l'âge de quatorze ans, je décidai de sortir de la forêt sombre afin de marcher dans les traces de mes parents, car je savais au fond de moi que ma place n’était pas ici. Vêtue d'écorces d'abraknydes défuntes et armée de mon fidèle arc, je me dirigeais vers Astrub, la citée d'où venaient les aventuriers qui nous dérangeaient régulièrement. Je vis les arbres devenir plus rares, plus petits… La citée était en vue, et j’éprouvai alors un sentiment nouveau, une grande curiosité, mêlée à une joie de découvrir, et, quelque part au fond de moi, une grande peur.

C’est alors que de nombreux hommes, tous vétus de peaux de prespics et de bouftous, se mirent à courir vers moi, brandissant leurs épées et leurs marteaux, et criant "La forêt nous envahit!". La grande peur au fond de moi prit alors le dessus sur tout le reste, je me sentis comme les araknées que je chassais à quatre ans… perdue. Mais il n’est pas dit qu’une des plus grandes guerrières de la forêt sombre se laissera abattre ! Je choisis la vie. La mienne. Pas la leur. Je pris donc la fuite dans la seule direction possible. Eux à l'est, mes amis à l'ouest, les montagnes au sud... direction les plaines de Cania!

Je me lançai donc, au péril de ma vie dans ces contrées inhospitalières, ces hommes aux trousses. Je ne m'arrêtais de fuir que pour m'embusquer dans les rochers et décocher une flèche ou deux. Les kaniglous, pour mon plus grand bonheur, semblait attirés par les villageois bien nourris et en grand nombre, plus que par une pauvre fille, petite et maigre (frèle?), et couverte d’écorces. Leurs marteaux, je n'en vis pas la couleur. Mais ma fierté avait disparu. Leur nombre et leur acharnement m'obligeaient à agir en lâche. Je ne vis rien de cette contrée, à cause de l’ivresse de la poursuite.

En atteignant les bordures de Bonta, je vis le dernier de mes poursuivants tomber. Un troll cria à quelques lieux de là, comme pour fêter ma victoire. Je décidai donc de m’octroyer la première vraie pause depuis que j’avais quitté les miens et je m’adossai au mur d’enceinte de la ville, sans voir le milicien présent a mes côtés, qui, lui, m’avait vue depuis longtemps déjà, et me jeta dans les geôles de la citée blanche.


Le début de la suite des emmerdes...

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Ma cellule était en fait un bureau d’administrateur avec dans un coin… une cage. Et dans la cage… moi. Un petit homme très énervé se plaça devant moi, me détailla de haut en bas et de bas en haut, puis me demanda sèchement : « Nom ? » … pas de réponse… « Ton nom ? » … « Je n’en ai pas dans cette langue ». Il ne s’attarda pas sur l’aspect étrange de cette déclaration car un son parvint de derrière lui. « Pacoss » grommela un gros milicien que je n’avais pas remarqué avant.

Avachis dans son fauteuil, une main à la bouche et l’autre dans un énorme sac de nourriture, le corps jonché de miettes… un vrai caméléon. « P-P-Pardon ? » demanda le petit nerveux. « C’est le premier nom auquel j’ai pensé en la voyant » et le petit nerveux, sans me consulter, repris « Bien, Pacoss, pourquoi as-tu tué ces hommes ? Nous avons trouvé une bonne trentaine de cadavres criblés de flèches entre Astrub et ici. ». « Ce sont eux qui m’ont donné la chasse », répondis-je calmement « Je n’ai fais que défendre ma vie. ». « De la défense ? Je vois… et tu n’as pas l’air d’avoir plus de quatorze ou quinze ans… Je ne peux que remarquer ton talent pour tuer… Je vais appeler mon supérieur, lui, statuera sur ton sort. » Il sortit alors de la pièce, me laissant seule avec le gros milicien.

Quelques minutes passèrent sans qu’il n’arrête de manger, puis, sans un mot ni un regard, il s’endormi. Après un temps qui me sembla infini, la porte s’ouvrit et laissa passer un homme. Non, ce n’était pas vraiment un homme. Il en avait l’apparence, certes, mais son visage me laissait voir un chat. Plus de deux mètres de haut, des épaules d’une largeur infinie, un ventre parfaitement sculpté, et des bras gros comme des troncs… De plus, la quantité de cicatrices regroupées dans le peu de peau que laissait voir son uniforme, m’apprenais qu’il n’avait pas développé la moitié de ses muscles dans une salle d’entrainement. Je vis tout de suite un fantastique guerrier derrière ce regard jaune.

Il prit la parole d’une voix légèrement sifflante « Bienvenue dans la citée blanche, Pacoss, je me nomme Yuzushi-Ticks, Mes hommes m’ont raconté tes faits d’armes. Tu es jeune … bien que tu sois une femme, on devrait pouvoir tirer quelque chose de toi… Je vais te proposer un marché : Une année de ta vie à servir sous mes ordres, ou… » Il croisa les bras et banda ses muscles « … ou tu redeviens une prisonnière lambda et direction le sous-sol et la corvée de patates. Je reviens dans dix heures exactement pour avoir ta réponse. » Il se retourna, me lança une pomme par-dessus son épaule, d’un geste d’une précision millimétrique, et, sans un mot de plus, me laissa seule avec mon geôlier endormi.

Je ne pu fermer l’œil de la nuit, et quand Yuzushi revint, j’avais pris ma décision. Je lui jetai d’un air dédaigneux : « Rendez moi mon arc ! Je vous donne une année de ma vie… Une seule ! Dans un an et un jour très exactement, je vous tuerai. ». Contre toute attente, il éclata d’un rire tonitruant, en ouvrant la porte de la cage, et dit « J’aime cet état d’esprit, soldat Pacoss. Suit moi, direction la salle d’entrainement, qu’on voit ce que tu vaux vraiment ».
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Pacoss-Ticks

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MessageSujet: Re: Pacoss-Ticks, la loutre guerrière   Dim 22 Mai 2016 - 15:15

Premiers contacts, full contact.


Je suivis donc Yuzushi sans un mot. Au bout d’un certain temps nous arrivâmes dans une grande salle d’entrainement. Il me demanda alors : « Ma petite, tu as dis que tu voulais me tuer ? Bien, je vais tout faire pour que tu en sois capable… je n’ai pas connu d’adversaires de ma trempe depuis si longtemps… que sais tu faire ? Explique-moi ta façon de combattre. » Je lui montrai donc les quelques passes que j’avais appris par moi-même dans la forêt, ainsi que ce que j’ai développé en me battant contre les astrubiens. Il ne dit rien de plus le premier jour de cette année. Pas un mot par rapport à ce que je lui avais montré ni ce qu’il prévoyait pour moi.

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Le jour suivant, il m’amena dans une taverne louche qui organisait des combats à mains nues. Un contre un, des combats dans les règles. Alors, il enleva la veste qu’il portait ouverte sur son torse nu, il était alors seulement vêtu du pantalon de son uniforme. Pour la première fois, je le voyais vraiment… il était… il était…à couper le souffle.

D'une certain façon, le peu de vêtement qu'il portait masquait beaucoup de son physique impressionnant, j'ignore exactement le sentiment que j'éprouvais à cet instant, une crainte sans doute mais aussi une sorte d'éxaltation, cette puissance et cette confiance qu'il dégageait... Etait-il seulement trop sûr de lui ou réellement surpuissant ? La forme de sa musculature, assez inédite pour moi jusqu'ici, semblait confirmer la seconde hypothèse, voyant son dos à découvert, j'ai pu observer une impressionnante formation, des trapèzes impressionnants, les gros bras qu'il aborde fièrement ne sont pas que du vent. Je l'avais aussi remarqué, à cause des muscles de son ventre, ils sont incurvés, signe qu'il a travaillé avec attention toute les parties de son corps pour devenir la montagne qu'il est aujourd'hui. Il a du soulever des troncs d'arbres chaque matin... Mais pas seulement, la liste d'exercice et l’entraînement qu'il a du s'imposer quotidiennement doit être draconienne.

Par envie d'être le plus fort ? Par narcissisme ? En tout cas, c'est impressionnant... Mais cette aura, qu'il concentrait dans ces poings, cette excitation qu'il semblait ressentir et la peur des gens autour de nous. Les murmures que je perçois, ne sont pas bien positif, cet homme n'avait pas l'air apprécié ou du moins, il était craint. Et pourtant il abordait se sourire carnassier, comme si il voulait dévorer avec amusement chaque âme de cette pièce... Je crois qu'il m'attirait autant qu'il me faisait peur. Le voir à l'action risquait d'être enrichissant, mais terrifiant.

Il cria alors « on m’a dit qu’un adversaire à ma mesure serait ici, qu’il s’avance ! ». Un troll apprivoisé s’avança de derrière les spectateurs. L’homme qui tenait ses chaines s’écria « Le voila ! Penses-tu le briser comme les autres ? » Yuzushi me souffla par-dessus son épaule « Observe bien tout, sois objective, et prépare moi un compte rendu de la lutte, les erreurs de chacun, et tout ce que tu remarqueras. ». Il s’avança alors auprès du troll, retroussa ses narines, et les deux colosses s’empoignèrent fermement l’un l’autre.

Ils se tenaient de la même façon l’un et l’autre, immobiles, face à face. Seuls bougeaient les muscles du dos du guerrier, qui roulaient sous sa peau poilue. Sans prévenir, le troll avança d’un pas sur Yuzushi, qui ne recula pas. Ils étaient collés. Alors, en un geste qui semblait partir des pieds jusqu’au bout des bras, mais en une fraction de seconde, Yuzushi souleva le troll au dessus de sa tête, et commença à le tordre. Le bruit qui en résultat fut un craquement immonde. Toute l’assemblée retint son souffle une seconde a ce bruit. Je sentis dans mes entrailles quelque chose se tordre, je ne savais pas si c’était du dégoût ou de l’excitation.

La tête du troll tomba sur le coté, et Yuzushi le posa respectueusement par terre en soufflant « Dors, adversaire. Tu fus brave »… « Deux bières par ici s’il vous plait ! –cria t’il a l’adresse du tavernier, se fendant d’un grand sourire- Alors, qu’as-tu remarqué petite ? » « J’ai cru un instant que le troll vous dominait, puis il était au dessus. J’ai saisi que le geste partait du bas vers le haut, mais il a été trop rapide pour que je le comprenne pleinement. Vous n’avez forcé qu’après, vous avez utilisé l’élan qu’il a mis en se rapprochant de vous, pour la suite… vous lui avez rendu l’honneur en le tuant ». « C’est bien petite, tu sais voir plus loin que le bout de ton nez. Entre nous… il avait le dessus sur moi, jusqu'à ce qu’il fasse le pas de trop… Je vais t’apprendre tout ce que je sais, tu es la plus jeune élève que j’ai eu, et peut être la moins mauvaise. Je vais faire de toi une machine à vaincre, une tueuse froide, une analyste parfaite, une stratège imprévisible. Le veux-tu ? » « Oui… Maître Ticks » dis-je d’un ton mêlant fierté, excitation, mais aussi peur.

Il grogna avec un sourire en coin « N’emploie pas mon nom comme ca ! Seuls les plus grands guerriers le portent, mais pas les enseignants. Ca sera Maître Yuzushi pour toi. »


Premier éveil.

[youtube=LMOAwjLPIkk]https://www.youtube.com/watch?v=LMOAwjLPIkk[/youtube]

Maître Yuzushi, m’emmena donc dès le lendemain au Dojo, pour commencer l’entrainement. Nous commençâmes par le tir à l’arc, ce qu’il justifia par : « Avec tous les assassins qui me sont envoyés, il faut que tu sois parfaite dans au moins un domaine pour espérer survivre. ». Même si j’étais douée pour le tir a l’arc, je ne l’étais jamais assez pour lui. Il ne cessait de rétrécir la cible, de l’éloigner, de la placer dans des endroits improbables… Je ne m’en sortais pas trop mal, mais je compris alors le sens du mot perfection dans sa bouche. Je compris avec quel taux d’exigences il était devenu ce qu’il était, mais aussi qu’il voulait faire de moi en un an ce qui lui avait pris toute une vie à lui.

Il était impitoyable, il hurlait sans cesse tous les défauts de chaque tir, bien que toujours plus précis les uns que les autres. Nous n’arrêtions pour manger qu’une fois par jour et ne dormions jamais plus de 3h la nuit. Au bout d’un mois, j’étais capable de toucher n'importe quelle cible fixe, où qu'elle soit dans bonta, et ce, depuis le sommet de la tour. C’est alors sans aucun signe de contentement de sa part, qu’il décida de mettre les cibles en mouvement. D’abord, il les lança, de plus en plus vite, de plus en plus fort, de plus en plus loin. Quand, au bout de deux semaines, j’arrivais à faire mouche à chaque tir sur ces cibles aux trajectoires régulières, il fixa une cible sur son ventre et une sur son dos en expliquant « Je vais me promener dans la citée. Tu dois me tuer. Si tu loupe la cible, tu ne me tueras pas. Je saurai m’en sortir. Mais l’aventure sera terminée pour toi, tu rejoindras les geôles et les patates à éplucher. Tu ne dois pas trembler, ni laisser place a l’hésitation… » Il marqua une pause puis hurla en me tendant son poing clos devant le visage « Il n’y a pas de place pour l’échec autour de moi ! ».

J’étais donc placée au sommet de la tour de Bonta, sans savoir de quel coté il allait apparaitre. Je surveillais l’heure. 14h. Il était là, quelque part. Je balayai la ville d’un bref regard, et le vis dans le quartier des bricoleurs. J’encochai une flèche. Facile, il marchait ! Je tirai et… ouf ! Fis mouche. Il arracha la flèche de la cible qu’il avait sur le torse et se tourna dans ma direction en levant le pouce. Il disparu. Soudain, il était arrivé dans le quartier des paysans. Quoi ? Comment pouvais t’il courir aussi vite putain ! Il trottinait maintenant, difficulté supérieure. Touché. En course dans le quartier des bijoutiers : Touché. Alors, il disparu et ne réapparu pas. Un messager vint m’apporter qu’il allait courir le plus vite possible maintenant. « Courage » ajouta-t-il. Yuzushi allait donner le meilleur de lui-même à la course. Et moi au tir.

Je le voyais courir dans toute la citée, presque imperceptible tellement il allait vite, je voyais surtout une trainée de fourrure. De plus, il modifiait sans cesse son allure pour que je ne puisse pas prévoir ses positions. Quand je fus totalement calme et que j’eus chassé toute l’adrénaline en moi, je tirai ma flèche. Il disparu avec elle, l’avais-je touché ? J’avais beau le chercher, il n’était nulle part. Puis, il apparu dans mon dos, l’épée brandie sur ma gorge. Il susurra à mon oreille « Tu m’as tué… mais moi aussi. » Il me relâcha et dis, mine de rien : « Maintenant, entrainement au corps à corps, Hop ! ». Il me tourna le dos pour sortir, et je vis la flèche plantée, pile au centre de la cible. Son entrainement était sans doute le plus exigeant du monde, mais il portait ses fruits. Je décidai à ce moment de ne plus jamais douter de lui.

Nous nous dirigeâmes vers le Dojo. Il se retourna brusquement, tendant son épée à bout de bras. « Voici mon épée toche. Ce n’est pas la plus tranchante des lames, mais j’ai su la dompter. Elle m’a été léguée par mon maître, à l’issue de notre duel, avant que je ne le tue. ». En disant ces mots, il semblait amoureux de sa lame, et absolument insensible à la pensée de son défunt mentor. Il me lança alors une épée basique, leva la sienne, et me lança froidement « Tue moi ». Son entrainement, c’était la guerre.

J’apprenais à me battre en jouant ma vie à chaque seconde. Lui, augmentait le niveau progressivement, il fallait que je m’améliore suffisamment pour ne pas prendre de coup d’épée. Au bout de quelques jours, je commençais à être à l’aise avec une lame entre les mains. Deux semaines plus tard, il déclara que mon niveau à l’épée était suffisant, et il décida d’arrêter là. « Tu es désormais meilleure que la majorité des épéistes, bien que tu sois une femme. Si tu as à faire à meilleur que toi, abat le avec une flèche. Il ne faut pas que tu développes trop ton bras ou tu risques d’être handicapée avec ton arc. De toute façon, tant que ta vie n’est pas terminée, tu continueras à apprendre et à t’améliorer. »

Il m’emmena à la taverne de la Chopenbois pour fêter la fin de l’entrainement théorique. C’est le nom qu’il lui donnait même s’il avait pu me coûter la vie à de nombreuses reprises. Il m’annonça alors que l’armée s’apprêtait à faire une percée sur Brâkmar, et qu’il mènerait personnellement l’assaut. Il m’invita donc à me joindre a lui, je resterai aux côtés du stratège de l’armée afin qu’il m’explique l’art de la guerre. Nous préparâmes donc nos affaires et prîmes la direction de la fumante Brâkmar. Ma première vraie bataille allait avoir lieu au cœur des landes de Sidimote. Le moment de mettre en pratique l’entrainement de Yuzushi arrivait.


OEil pour oeil, mon royaume pour un bras.


En traversant Cania, Maître Yuzushi me présenta son stratège. Il s’agissait du petit nerveux qui m’avait interrogé le premier jour. Maître Yuzushi profita également du voyage pour m’apprendre un dernier point, l’anatomie. Il m’expliqua la place des différents points vitaux, ainsi que celle des tendons et des nerfs que je pouvais couper pour neutraliser ou faire souffrir… J’en retins principalement qu’il fallait en général tirer entre les deux yeux.

Lorsque nous arrivâmes dans les landes de Sidimote, tout me monde se tut. Je pris enfin la mesure de la taille de l’armée qui nous suivait. Il ne devait pas y avoir plus de 500 hommes en armes, ainsi que quelques médecins et autres personnes que je n’avais pas identifiées. Unpoual-Nak, le stratège, voyant mon étonnement, m’expliqua « Ne t’en fais pas, ces hommes sont tous les anciens disciples de Yuzushi encore vivants. Et lui-même est une arme de destruction massive. Je pense ne pas exagérer en disant que sa valeur au combat égale celle de 2000 hommes de la trempe de ceux qui nous accompagnent. » A ces mots, je jetais un œil à l’intéressé, et, à la lueur que je vis dans ses yeux jaunes, je compris. Il ne faisait pas la guerre… Il était la guerre.

Plus nous approchions de Brâkmar, plus nos hommes semblaient tendus, et plus Yuzushi semblait épanouis. Son aura était telle que sa simple présence, alors même qu'il dormait, faisait fuir les ouginaks de la région. Nous sortions de la forêt d’oliviolets quand les premiers hommes de Brâkmar apparurent. En quelques secondes, Yuzushi jeta sa veste au sol et s’élança, rappelant à tous qu’il était un félin autant qu’un homme. J’eus le temps de voir son visage. Il abordait un sourire carnassier, débordant de crocs d’une blancheur éblouissante, ses narines s’étaient retroussées, et ses yeux… Il s’en dégageait une telle envie de tuer qu’à cet instant je pensais mourir moi-même.

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Unpoual cria aux hommes « Allez mes braves ! Nous devons nous battre à ses côtés. Pour l’honneur ! ». Tous les hommes se mirent à courir vers l’ennemi de façon complètement désordonnée. Ils n’étaient eux aussi guidée que par leur envie de tuer. Unpoual s’avança a ma hauteur et glissa d’un air amoureux « N’est il pas absolument magnifique quand il est comme ça ? ». Nous nous installâmes sur une hauteur depuis laquelle nous voyions toute la bataille.

Il m’expliqua alors pas à pas la stratégie qu’il avait mis en place avec ses hommes, m’expliquant pourquoi tel choix et pas tel autre, s’interrompant pour commenter les actions des combattants, m’apprenant à les analyser et à en tirer toutes les informations nécessaires dans la bataille. Pendant ce temps, Yuzushi-Ticks était le plus formidable guerrier qu’il soit possible d’être, déchiquetant à coups de griffes et de mâchoires chacun des guerriers que Brâkmar avait à lui proposer, homme ou chafer. Il se battait comme un diable, sa part d’humanité avait totalement disparue. Un coup d’épée à droite, un coup de patte à gauche, il semblait invincible. Lorsque le dernier brâkmarien tomba, il se dressa de toute sa hauteur, et poussa un hurlement qui coupa le souffle et dressa tous les poils de chaque être encore vivant dans la région. Il était heureux, il avait joué.

Mais… une silhouette apparu derrière lui, et, dans un éclair, brandit une dague, et lui trancha le bras droit. Le cri s’évanouis en même temps que la silhouette disparu dans l’ombre. Yuzushi tomba lourdement à genoux. Nous le rejoignîmes. Il disait quelque chose. Nous voyions seulement ses lèvres bouger de façon régulière. En approchant encore, nous entendîmes « Oto… Oto… je t’aurais Oto… Oto… » Qu’il répétait inlassablement. Son bras sur le sol était devenu noir, mais un médecin s’affairait déjà sur le bras de Yuzushi. Il releva la tête en nous entendant approcher et grogna « Venin de scorbute », puis rebaissa la tête sur la plaie aussitôt. Il l’avait déjà enduite d’un onguent jaune et visqueux qui sentait très fort, et recousait le moignon.

Yuzushi était abattu. Psychologiquement détruit. Nous rentrâmes tous deux à Bonta, laissant les hommes courir après les fuyards et installer un avant poste. De toute la route, Yuzushi ne dit pas un mot, avançant avec peine, parfois. Physiquement, il était remis. Le médecin avait bien fait son travail. Mais quelque chose s’était brisé en lui. Il n’avait pas été vaincu, puisqu’attaqué dans le dos, mais la perte de son bras droit, son bras porteur d’épées, était pour lui un coup dur. A Bonta, nous prîmes la direction de la milice afin de rendre notre rapport sur la bataille.

Une fois notre devoir fait, Yuzushi me dis, les yeux vides « Je ne peux rien t’apprendre de plus que tu ne saches déjà. Il ne te manque que l’expérience, mais tu as le temps pour ça. Tu es jeune. Profite des quelques mois qu’il te reste pour te perfectionner. Nous nous reverrons à la date anniversaire de ton engagement à mes côtés. » Et sans attendre de réponse, il me quitta. Je restais là un bon moment, les bras ballants, ne sachant que penser.

Je savais que l’entrainement que j’avais eu nous avait rapprochés sans que nous ne nous le montrions. Nous y avions tous deux mis notre cœur ainsi que le meilleur de nous même. Maintenant, il était parti et avait laissé un grand vide en moi. « Un jour, je te dépasserai, alors, je te dirai que je t’aime » pensais-je. Je me mis donc au service de la milice pour accomplir chaque tâche que l’on me proposait, dans l’idée de devenir toujours meilleure. Pas une fois je ne connus l’échec, enchaînant les missions d’infiltrations, d’assassinat, ainsi que les batailles rangées… Jusqu’au jour ou Yuzushi réapparu devant moi.

Il n’avait pas changé, si ce n’est qu’il portait désormais sa veste en équilibre sur son épaule dénuée de bras, laissant toute liberté à l’autre côté de son corps. Pour la première fois, il me regarda dans les yeux, et me dit d’un ton ferme « Tu as pris ta décision il y a un an. Viens, tenir ta promesse demain. Les bois de Litneg seront notre terrain de chasse. Personne n’y viendra nous déranger. A Demain. ». Il se retira, avec toujours autant de candeur, et je compris qu’il ne s’était pas laissé abattre par la perte de son bras. Bien au contraire.
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MessageSujet: Re: Pacoss-Ticks, la loutre guerrière   Dim 22 Mai 2016 - 15:16

Joyeux anniversaire!


Dans son orgueil, Yuzushi ne s’est jamais intéressé à mon passé. Il ignore donc que la forêt est mon domaine de chasse préféré. Je décidai de partir le jour même plutôt que le lendemain, afin de m’installer et de prendre quelques repères sur place. Je fis rapidement le tour de la forêt, repérant les éventuelles cachettes, et je choisis un arbre. J’allais m’embusquer à sa cime pour revivre une chasse comme celle de Bonta, depuis le sommet de la tour. A la différence que cette fois, la chasse ne se terminerai pas par une épée sous ma gorge.

Je choisis donc un arbre qui ne soit ni le plus grand, ni le plus central, car c’est la que Yuzushi regardera en premier. J’en choisis un assez haut pour voir toute la forêt sous moi, et assez touffu pour ne pas être trop visible. Je m’installai donc au cœur du feuillage pour passer la nuit, sachant que, le lendemain, les bêtes et la pluie auraient fait disparaitre la trace jusqu'à l’arbre, me rendant invisible aux yeur d'un traqueur. Au milieu de la nuit, j’entendis Yuzushi arriver pour prendre ses positions, puis, plus un bruit. Comme moi, il avait voulu se cacher et m’attendre. Mais cette fois, j’avais été plus maligne.

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Une fois le soleil levé, je tirai une flèche explosive dans la direction opposée à sa position, afin de lui signaler ma présence sans lui révéler ma cachète. L’atmosphère dans la forêt changea alors du tout au tout. De calme et paisible, elle devint meurtrière. Je ne le vis pas, et l’entendit à peine. Il parcourait la forêt en essayant de me trouver au sol. Il était un tueur et un guerrier absolu, mais pas un chasseur, et j’en étais sûre, encore moins une proie. Mais s’il parvenait à me mettre la main dessus, j’étais finie.

Faute de me trouver au sol, il chercha en l’air. Pour cela, il se contenta d’avancer droit devant lui, mettant à terre tous les arbres qui étaient sur son chemin. Du coup, il me dégageait la vue, et je pus le mettre en joue et décocher une flèche dans sa direction. La flèche s’approchait de son visage à une vitesse telle que je ne la voyais pas, mais au dernier moment, il redressa la tête et saisi la flèche entre ses mâchoires. Il savait où j’étais désormais. Il s’approchait nonchalamment, abordant le sourire carnassier que je commençais à connaitre, et qui signifiais que s’il m’attrapait, il me mettrait en morceaux.

Il continuait à faire chuter tous les arbres à sa portée. Mes doigts saignaient tellement je tirais de flèches dans sa direction, mais il arrivait toujours à les esquiver au dernier moment. Il commençait à être dangereusement près de moi. Je compris sa façon d’esquiver les flèches, il ne déplaçait que la partie de son corps qui était sur leur trajectoire, se fiant à son instinct de guerrier plutôt qu’a ses sens. Je décochai alors une salve de flèches, visant chaque point de son corps qu’il pouvait être utile de viser, et visant quelques points autour de lui pour prévoir ses déplacements. C’était l’action de la dernière chance, je ne gardais que dix flèches près de moi. Si cette action était un échec, je serais contrainte à descendre de mon arbre et de l’affronter à l’épée, il me mettrait alors en pièces sans le moindre effort.

Heureusement je fis mouche avec une… deux… trois flèches. Fichées dans son flanc, son bras et sa jambe, elles l’avaient assez affaibli pour que je passe à la seconde étape de mon plan. Je me mis à courir et sauter d’arbre en arbre et de branche en branche, m’éloignant de lui pour descendre à terre. Je m’accroupis, encochai deux flèches, et visai longuement. Je le touchai exactement ou je le voulais, derrière chacun de ses genoux, sectionnant ses ligaments et l’immobilisant au sol. Je m’avançai en dégainant mon épée.

En arrivant a sa hauteur, je vis qu’il abordait un grand sourire. Il était heureux. D’une part parce que j’avais remporté notre combat, il éprouvait de la fierté en tant que formateur, et d’autre part, il semblait s’être amusé a un point proche de la jouissance. Il ouvrit la bouche, hésita quelques instants, et déclara « Tu m’as surpassé. Tu n’as pas de nom, tu es désormais digne de porter le mien. Je te le lègue, Pacoss-Ticks, comme mon mentor me l’a légué avant de mourir. Il m’a aussi laissé sa lame, que je te laisse à mon tour. Maintenant, je vais te raconter mon histoire, et après, tue moi. Un Ticks ne saurait vivre en vaincu. ».


Pour sortir de l'ombre, faut se sortir les doigts



« C’était il y a une quarantaine d’années. Je ne sais plus combien exactement. J’étais un enfant des rues, sans famille, sans amis, forcé à voler pour manger et à tuer pour survivre. Mon prénom était tout ce que j’étais sur de posséder. Un jour, un homme, me voyant me battre, s’arrêta. Il se présenta. Habéssay-Ticks. Il me proposa un marché : Il me logeait et me nourrissait, et en contrepartie, m’entraînait à me battre et je le représenterais dans l’arène.

Mort de faim, j’acceptais. Cet homme était petit et trapu, je voyais mal comment il allait m’entrainer. Mais tant qu’il me nourrissait, c’était tout ce qui comptait pour moi. Il m’amena chez lui, et le laissa me reposer et reprendre des forces. Une fois que mon apparence était un peu moins famélique, il m’annonça le début de l’entrainement. Il laissa tomber son manteau, et je vis que ce que j’avais pris pour du gras était en fait un amas de muscles. Il s’approcha de moi, et me demanda de le frapper. Encore et encore. Jusqu'à ce qu’il ait mal. Ce jour là, j’ai cru que ma main allait se briser. Il n’a pas bronché.

Les jours suivants, il me demanda de lever des objets, toujours plus lourds, jusqu’aux immenses cadavres des craqueleurs des plaines qu’il abattait exprès, sans même donner l’impression de se battre. Il faisait tomber ces créatures comme on cueille une fleur. Il me faisait aussi courir avec toujours plus de poids sur le corps, commençant avec des carapaces de tortues de l’île de Moon, jusqu'aux cadavres des craqueleurs que je portais. L’objectif était que je sois insaisissable sans mon leste. Quand il estima que j’étais assez musclé, il me redemanda de le frapper.

Il encaissa un coup, sourit, et annonça que nous passions à la suite. Dorénavant, il ne ferait plus qu’encaisser, il rendrait les coups. Je continuais, pendant son sommeil, à porter des poids et courir avec. Nous nous battions à mains nues et à l’épée toute la journée. Il ne retenait pas ses coups, qui, malgré son air débonnaire, étaient dévastateurs. J’ai souvent cru mourir dans les premiers mois. Il allait de plus en plus vite, et frappait de plus en plus fort.

Un jour, il m’estima fin prêt. Je ne savais pas combien de temps s’était écoulé depuis qu’il m’avait recueilli, mais je m’étais littéralement transformé. J’étais devenu grand, et surtout robuste. Dans l’arène, j’avais deux rôles. Parfois, je me battais aux côtés d’aventuriers, contre des monstres, et parfois je me battais pour le spectacle, contre des gladiateurs. Je ne faisais pas grande différence, éliminant tous mes ennemis un par un. Mon maître choisissait toujours des adversaires à ma hauteur, si bien que je n’ai jamais perdu un combat. Même si le légendaire Dragon cochon, ou les dragoeufs, accompagnés de Crocabulia m’ont roussi le poil, je n’ai jamais douté des capacités que l’entrainement drastique de Habéssay m’ont conférées.

Quand je fus enfin capable d’affronter n’importe quel adversaire, je voulus m’émanciper, et vivre en mercenaire. Mon maître m’annonça que si je le battais à mains nues, notre spécialité , je serais libre. Nous nous battîmes, et, au terme de trois jours et trois nuits, il tomba sous mes coups. Alors, il me donna un dernier ordre en tant que mon maître. Je devais le tuer avec son épée, et être fier de son nom, qu'il faisait mien. C’est le combat le plus éprouvant que j’ai eu à livrer. Il m’avait brisé tous les membres, et une bonne partie de mes cicatrices viennent de ce combat. Seule l’ardeur me faisait tenir debout.

Un milicien de Bonta avait suivi tout notre combat depuis sa tour de guet. Je m’évanouis dès que je relâchai la pression, et me réveillai dans la milice de Bonta, entièrement bandé. L’intendant de la milice de l’époque était assis à mes cotés. Il me proposa de m’engager sous ses ordres, car j’étais le plus brillant guerrier dont il ait entendu parler. Il me proposa la plus belle vie dont je pouvais rêver, avec un haut poste dans l’armée de la citée blanche. Je n'ai pas une seconde regretté d'avoir accépté son offre.

Maintenant, écoute moi bien, tu vas garder mon épée, je te la lègue. Associée à notre nom, elle te sera un sauf conduit dans tous les endroits où j’avais des amis. Et tu vas aller à Brâkmar, à la taverne du Chabrulé. Tu demanderas à rencontrer Bocha-Pô. Il s’agit du plus grand archer que j’ai connus, aux dernières nouvelles il était encore en vie, bien qu’à la retraite. La vue de mon épée et de notre nom devraient le décider à en sortir pour perfectionner ta formation. Lui seul en est capable. ».

[youtube=tW0_LGSGFvw]https://www.youtube.com/watch?v=tW0_LGSGFvw[/youtube]

Alors, sans un mot pour lui, et sans une larme, je levai sa vieille épée toche, toujours aussi redoutable malgré les batailles qu’elle avait livrées et le sang qu’elle avait fait couler, et lui planta cérémonieusement le cœur, afin qu’il ait une mort rapide pour achever sa vie de douleurs et de combats. Yuzushi-Ticks n’était plus. L’ère de Pacoss-Ticks commençait. Mon ère commençait.
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MessageSujet: Re: Pacoss-Ticks, la loutre guerrière   Dim 22 Mai 2016 - 15:18

Solitude


Pour la dernière fois, je lui fis confiance. Je ramassai son épée, et pris la direction du sud et de la cité noire. Sur la route, je me rendis compte que les monstres m’évitaient, et je repensais à la bataille au cours de laquelle Yuzushi avait perdu son bras. Je faisais le même effet que lui. Je pris alors conscience que la part d’humanité en moi était bien maigre… Il avait réussi à faire de moi une machine à tuer. Je rencontrai des voyageurs, mais aucun ne resta longtemps auprès de moi. Peut-être leur faisais-je le même effet qu’aux monstres ?

J’arrivais finalement aux portes de Brâkmar, seule, et morose. Je m’étais débarrassée de toutes les traces de mon passage à Bonta, pour que les miliciens ne me posent pas de problème, et je réussis à atteindre la taverne du Chabrulé. Je me glissai vers le comptoir et chuchotai au tavernier en mettant mon épée dans son champ de vision : « Je ne nome Pacoss-Ticks, et je cherche Bocha-Pô. « On » m’a dit que vous pourriez m’indiquer où le trouver… ». Il regarda autour de lui, et me fis discrètement signe de le rejoindre dans la réserve de la taverne. « En effet, je suis un de ses rares amis. Je vois que tu portes l’épée de ce bon vieux Yuzushi, il est donc tombé. C’est le membre des Ticks à avoir vécu le plus longtemps jusqu’aujourd’hui. Et tu m’as l’air d’être la plus jeune Ticks depuis bien longtemps. Je vais te dire où trouver Bocha-Pô, mais cela doit rester entre nous, n’est ce pas ? La milice le recherche activement depuis qu’il a assassiné « par erreur » quelques hauts gradés… Il a élu domicile depuis quelques mois dans une grotte, dans un endroit très reculé de la montagne des Koalaks. Il vit dans le Cimetière des Koalaks. Si tu es suffisamment douée pour avoir vaincu Yuzushi, tu ne devrais pas avoir de mal à le retrouver. Bon courage ». Sur ces mots, le tavernier me mis a la porte, et je pris la direction de la montagne des Koalaks.

C’est fatiguée et affamée que j’arrivais sur le territoire des dragodindes. Une aubaine pour une archère comme moi ! J’abatis quelques une de ces dindes, pour me nourrir, et pour effrayer les autres, et me reposais quelques heures dans une cavité rocheuse, comme on peut en trouver plein dans la région. Les cadavres de dragodindes que j’avais mis autour de l’entrée me garantissaient la paix pour quelques temps, avant que la nuit ne tombe et que les charognards, s’il y en avait dans la région, ne viennent s’en repaître.

Après un court, mais salvateur repos, je me remis en marche, et parvint à apprivoiser une des dragodindes sauvage, afin de lui faire porter mes affaires. Je refusais de monter dessus, car j’aurais alors été bien trop exposée à un éventuel archer embusqué. Je fis le tour de la région, mais ne trouvai pas d’entrée au cimetière. Je demandai à un des habitants du village des éleveurs, et il me répondit qu’il fallait mourir. Car, selon lui : « La magie des lieux me tirerait des bras de la mort, pour me déposer en vie dans le cimetière. ». Il reparti en chantant et en dansant. Il avait l’air complètement fou. Mais… devais-je le croire ? Cela me semblait bien étrange, et bien risqué de s’en remettre à la parole d’un tel énergumène, mais il était la seule personne à m’avoir répondu, et le tavernier m’avait affirmé que Bocha-Pô était dans le cimetière. A moins que le tavernier ne m’ait mentis, ou n’ait des informations erronées ?

Je passais plusieurs jours aux pieds de la montagne à ressasser toutes ces questions. Au bout d’un moment, je me dis que, orpheline, et ayant tuée mon seul « ami », je n’avais pas grand-chose à perdre et tout à gagné. Je pris mon courage à deux mais, réunis toutes mes affaires sur moi, et saisis mon épée. Mes mains étaient dégoulinantes de sueur sur sa garde, et dans ma tête, un conflit avait lieu. Une petite voix me disait « tu es assez forte comme ça, cours vers l’aventure loin d’ici. De plus, ce serait la fin de la lignée Ticks, juste après le passage de relais. » Tandis qu’une autre hurlait « FAIT LE ! ». Alors, je me vidai la tête, et plantai mon épée, l’épée de mon maître, l’épée du maître de mon maître, dans mon propre corps.

Je me sentis lourde. Mes jambes refusèrent de me porter. Ma vision se brouillait. Je tombai. Morte. Alors, je sentis au fond de moi comme une lueur chaude et réconfortante. J’eu l’impression d’entendre a l’intérieur de mon esprit des tambours. De plus en plus fort. Jusqu'à ce que je SOIS le son de ces tambours.

Alors, je me réveillai, sans blessure, et au milieu de statues de koalak. J’étais entrée au cimetière des koalaks. J’avais réussi. Toutes mes affaires étaient la, et les tambours avaient disparus de ma tête. Je compris alors qu’ils étaient la magie dont m’avais parlé le fou. Je me redressai fébrilement, tout de même secouée par ce que je venais de traverser, et écoutai. J’entendis des bruits qui appartenaient à la nature, et d’autres provenant des koalaks arpentant le cimetière. En tendant l’oreille un peu plus, je saisis le crépitement d’un feu. J’avais trouvé Bocha-Pô. Je m’élançai dans sa direction, et alors que je voyais les ombres projetées par les flammes sur les parois de la grotte, une flèche irréelle se ficha entre mes deux yeux, et je m’endormis.


Nouvelle rencontre...


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Quand je me réveillai, il me semblait que ma tête allait exploser d’un instant à l’autre. J’étais allongée près d’un feu, recouverte d’une grande cape de cuir. Un homme était assis près de moi, à même le sol. En voyant que je commençais à me réveiller, il me retint de me lever et me tendis un verre. Je bus, et aussitôt mon mal de crâne se calma. Alors il me parla : « Comment te sens-tu petite ? Tu as réussis à me trouver, félicitation. J’ai vu dans tes affaires la vieille épée de Yuzushi. Je ne pensais plus jamais voir cette lame… Explique moi qui tu es et ce que tu me veux. ».

Je me présentai alors, comme Pacoss-Ticks, la dernière élève de maître Yuzushi, et celle qui eut raison de lui. Je lui expliquai également que c’est lui, avant que je ne le tue, qui m’avait dit de venir ici. Il avait les yeux grands écarquillés et, se balançant sur lui-même comme un enfant, m’ordonna « Explique moi comment tu as eu cette vieille carne ! ». Je lui racontai alors tout l’affrontement. Ses yeux s’écarquillaient de plus en plus. Il m’interrogea après sur quel entrainement le meilleur combattant de mêlée du monde avait bien pu donner a une archère comme moi. Quand je lui expliquai nos courses dans Bonta, il éclata d’un rire chaud et réconfortant.

En le voyant rire, je pris conscience qu’il n’était pas aussi vieux que je ne l’avais d’abord pensé. Il devait avoir trente ans, tout au plus. Quand son hilarité se calma, il réussi à dire « Tu portes le nom de Ticks, en tant qu’archère, sans même connaitre de techniques d’arcs ! Tu ne te sers que de ta précision, ta force et ta rapidité ! C’est excellent. Je vais t’apprendre les arcanes des Crâs. La flèche que j’ai tirée sur toi plus tôt est un bon exemple de ce que tu pourras faire si tu parviens à suivre mon entraînement. Oh, rassure toi il ne sera pas aussi dur que celui de Yuzushi, en tous cas pas de la même façon. Maintenant, redors un peu, l’épreuve que tu as traversé pour arriver ici, et l’accueil que je t’ai réservée ont du être vraiment éprouvants, j’ai un cadavre devant moi. ». Il avait dit tout ça sans se départir de son magnifique sourire. Je voyais mal un homme aussi avenant que lui en maître exigeant et en tueur froid. Mais, si Yuzushi m’avait dit de venir auprès de lui et pas d’un autre, je lui faisais confiance.

Je dormis alors profondément. Très profondément. Je rêvais du son des tambours, et d’une flèche bleu claire fonçant a une vitesse hallucinante vers moi, au moment ou je me réveillai, couverte de sueur. « Tu t’agitais, tu as fait un cauchemar je suppose. Tu en feras aussi longtemps que tu resteras dans cette région, c’est l’ancienne magie des maitres koalaks qui les provoque. Mais tu verras, on s’y habitue. Maintenant, prends tes affaires, et suit moi. On va manger ce que tu auras chassé. » Nous sortîmes dans le cimetière, et il me fit signe silencieusement que c’était à moi de chasser, qu’il me regardait. Alors, fidèle à mes origines, je montai dans un arbre en une fraction d’instant, affin de mieux voir mes proies sans être vue. J’aperçu un groupe de quelques koalaks. Rassemblant ma concentration dans mes cibles, je décochai flèche sur flèche jusqu'à ce que les quelques koalaks qui étaient réunis là aient tous une flèche fichée à égale distance des deux yeux. Je redescendis calmement, et allai chercher avec assurance mes trophées de chasse.

En arrivant sur les corps des koalaks, je remarquai qu’il en manquait déjà la moitié, et qu’un petit koalak que je n’avais pas vu jusqu’ici récupérais encore un corps et allai vers sa pelle pour l’enterrer. Je saisis les quelques koalaks restants et disparu dans la direction de Bocha. Me voyant revenir il me montra un de ses sourires et me dit avec amusement « C’est tout ? ». Je lui expliquai qu’un koalak avait enterré la majorité de ma chasse. Il m’expliqua alors « Je sais bien, il s’agit d’un koalak fossoyeur, leur rôle est de récupérer le corps de chaque koalak qui meurs dans la montagne, affin de l’enterrer dans ces terres. Et chaque soir, les maîtres koalaks procèdent à un rituel en l’honneur des morts.

Ceci dit j’aime beaucoup ta technique de chasse. Elle est efficace, tu es en sécurité et être stable dans ton arbre te permet une précision admirable. Je n’ai vraiment que l’aspect magique à t’enseigner. Le vieux bouc a bien fait son travail avec toi. Nous attaquerons l’entraînement demain, si tu apprends aussi vite la magie que les techniques physiques, d’ici quelques mois seulement tu seras aussi bonne que moi… potentiellement. Quels sont tes objectifs? Qu’attends tu de moi ?». Je le regardai dans les yeux d’un air grave, son sourire s’évanouis. Je lui dis alors avec assurance « Je veux devenir la meilleure assassine du Monde des Douze. L’art de la stratégie de bataille m’intéresse, et je veux l’exploiter dans un contexte de mercenariat. Traquer une proie est beaucoup plus excitant que de livrer une bataille rangée. ». « C’est une voie très exigeante que celle dans laquelle tu veux te lancer ma petite » m’a-t-il dit, en regardant dans le vide devant lui. Et il murmura « On dirait moi il y a quelques années. ». Puis, il reprit contenance, et sa fine bouche récupéra son sourire et il me lança joyeusement « Il faudra donc que tu sois meilleure que moi ».

Et sans me laisser le temps de répondre, il retourna à sa caverne pour s’y affairer, et ne s’occupa plus de moi. Alors que je le regardais travailler la viande de koalaks depuis quelques heures, il se retourna enfin vers moi, et je lui demandai « Yuzushi ne m’avait pas dit qui vous étiez, vous êtes donc un assassin ? ». Il prit le temps pour me répondre, et me dit en bombant le torse « Oui, je suis même le meilleur ! Mais j’ai besoin de repos. C’est la raison de ma présence ici, où personne d’autre que toi ne viendras me chercher. Pour atteindre ton objectif, il faudra que tu sois meilleure que moi. Comme je suis beau joueur, demain je te montrerais de quoi je suis réellement capable, bien plus qu’une simple flèche magique, fais moi confiance. ». Alors, je sentis monter en moi un sentiment de chaleur. Je pris conscience de la personne qui se tenait devant moi. Je pris conscience également de la chance que j’avais eue, d’avoir pour maîtres Yuzushi, puis lui. Je compris tout ça en un instant, et ma seule réaction fut d’ouvrir la bouche et de souffler un « Ouah ! » à la fois admiratif, et impatient.


...Bonne recontre...


Le lendemain, je me réveillai seule. Je me souvins de la promesse qu’il m’avait fait de me montrer tout ce dont il était capable. S’était-il défilé ? Alors que je commençais à me préparer pour sortir, il revint avec deux koalaks morts dans les bras. « Ce matin j’ai été chercher le petit déjeuné. J’en ai profité pour m’échauffer… Je commence à rouiller dans cette montagne ! ». En disant cela il éclata encore une fois d’un rire tonitruant. Nous mangeâmes joyeusement et il saisi son arc.

Il me fit signe de ne pas bouger, et dans un éclair, coupa d’une flèche minuscule la couture de ma veste. Il se remit à rire. J’étais pétrifiée à l’idée de ce qu’il venait de faire. Et pas parce que je me retrouvais torse nu. Je n’étais pas pudique. Mais je ne l’avais pas vu agir, seule la petite flèche et ma veste proprement décousue étaient témoins de l’évènement. Il évitait soigneusement de me regarder, et je pris conscience que ma nudité le gênait. Je pris donc un autre vêtement, et le suivi a l’extérieur. « Comme ça vous êtes rouillé ? » lui dis-je ironiquement. « Hum… non, je me suis levé tôt ce matin, pour ne pas te décevoir. Il y a quelques heures, je n’aurais pas été capable de ça. » Dit il sans me regarder en face. Il ajouta d’un air gêné « Et… tutoie moi s’il te plaît. ».

Il saisit son arc, et m’ordonna : « Tire une de tes flèches le plus haut et le plus loin possible ». Ce que je fis. Il attendit. Longtemps. Ma flèche avait déjà presque disparu, qu’il tira trois fois. Ses flèches magiques étaient bien plus rapides que la mienne, et la première toucha ma flèche, ce qui la fit se retourner sur elle-même. La seconde la percuta par en dessous, ce qui lui redonna de la hauteur, et la troisième provoqua une formidable explosion derrière ma flèche. Le souffle de l’explosion la propulsa d’une trajectoire nette, et ma flèche vint se loger proprement dans mon carquois, attaché dans mon dos.

Alors, il me regarda, toujours souriant et détendu et annonça « C’est terminé » avant de disparaitre dans l’ombre, sans que mes yeux, si perçants soient t’il, ne puissent le suivre. Je restais là, sans bouger, essayant de comprendre ce que je venais de voir. Quand la nuit tomba, Bocha vint vers moi et me demanda gentiment « Ca va petite ? Tu te remets de ce que tu as vu ? Tu sais… J’ai travaillé dur pour ça. Les prédispositions naturelles, c’est des foutaises. Tu es au moins aussi douée que moi au même âge. C’est ce que nous avons vécu qui nous a forgés. Pas ce qui coule dans nos veines. Nous avons tous le même sang. Je peux te le garantir, moi qui ai tué des rois comme des trolls. Je vais t’expliquer la magie, car ça ne s’apprends pas ailleurs que sur le terrain. Demain, je t’expliquerai ce qu’il y a à savoir. Sur ce, bonne nuit. ». Et il alla de son air guilleret se coucher, me laissant seule avec mes pensées.

Je m’endormis dehors cette nuit la, et le matin, il me réveilla, l’air inquiet. D’après lui, j’avais eu de la chance que les koalaks me laisse tranquille et n’essayent pas de m’enterrer, car je portais les traces de la mort sur moi, autant en tant qu’assassine, qu'à cause de mon « suicide » d’accès. Il prit la journée, et la journée suivante, et la suivante encore pour m’expliquer la magie des crâs, comment générer des flèches, les effets des flèches différentes… Enfin, à l’issue des trois jours, il m’apprit sa botte secrète. La flèche empoisonnée. La meilleure amie de l’assassin d’après lui. Elle touche de façon imperceptible, disparaît sans laisser de traces, et la victime meurt de maladie. Le meurtre parfait. Bien que je trouve que ça manque un peu de panache. Mais cette flèche permet d’avoir la vie sauve.

Nous nous entraînâmes ensuite à générer ces flèches, il contrôlait leur qualité. En une semaine, je savais faire apparaître par ma magie les flèches que je désirais. Il ne me restait plus qu’à apprendre à m’en servir. Il m’annonça alors que nous allions bientôt nous séparer. J’étais prête, et je lui avais redonné goût à son métier, qu’il allait reprendre de plus belle. Surtout qu’il ne voulait pas que je devienne meilleure que lui, et pour ça, il aurait tout intérêt à ne pas se laisser ramollir dans une montagne. Nous allâmes donc nous coucher dans cette caverne si confortable, sans doute pour la dernière fois.
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MessageSujet: Re: Pacoss-Ticks, la loutre guerrière   Dim 22 Mai 2016 - 15:19

Tentative de sociabilisation

Le lendemain, nous quittâmes le territoire des koalaks et nous nous séparâmes. Bocha se dirigea vers l’ouest, et moi vers l’est. Astrub m’avait rejetée lorsque j’étais sortie de la forêt, avec les allures et les manières d’une sauvage. Mais à ce jour, je devais pouvoir y retourner. Je contournais donc la foret des abraknydes, où je n’étais alors plus chez moi et entrai dans Astrub par la porte nord. Affamée, je me dirigeai vers la taverne. Elle n’avait rien à voir avec celles que j’avais connues à Bonta.

C’était la une taverne bien plus pittoresque qui m’ouvrit ses portes et me permis de me nourrir et de me reposer. Une fois que la faim eut quitté mon esprit, je me mis à réfléchir à ce que je pourrai faire par la suite. Il fallait que je travaille ma magie de Crâ, c'était ma priorité. Mais comment ? Dans cette citée où personne ne me connaissait, qui me payerait pour réaliser quelques taches ingrates ? Car c’était la ma seule possibilité pour me nourrir. Je ne savais exercer aucun métier si ce n’est celui de me battre.

Je remarquai alors une affiche sur un des murs de la taverne. Cette affiche disait : « La toute nouvelle guilde ‘’La famille perdue’’ cherche des membres compétents. Notre vocation, accepter les contrats que les autres refusent ». En voila une idée ! Je pris contact avec les personnes citées par l’affiche et je devins membre de ‘’La famille perdue’’. La guilde comptait en tout et pour tout une dizaine de membres, dont aucun n’était combattant. Je commençais donc à accepter les quelques missions que la meneuse, qui regroupait et redistribuait les demandes, voulait bien m’assigner. Je demandais toujours à travailler seule, ne voulant pas être dérangée par un allié incapable.

La meneuse s’appelait Rozy-Loups, et était détestable au possible. Je n’arrivais jamais à passer plus de quelques minutes en sa compagnie. J’ignorais tout des autres membres de la guilde. Les missions se succédaient, et ma fierté tombait un peu plus à chaque fois. La guilde avait pour vocation de faire le bien, nous aidions des grands-mères, nous cueillions des fleurs si la fleuriste connaissait une pénurie et ne pouvait quitter sa boutique… Je n’avais jamais été aussi mauvaise à quelque chose que pour cueillir des fleurs ou aider les grands-mères. Moi qui rêvais de combattre des trolls par dizaines, et pourquoi pas me faire griller une cuisse de dragon cochon de temps à autres, je n’étais pas à ma place ici. De plus, ce n’était pas comme ça que j’allais m’entrainer à l’arc.

Je décidai alors que le monde sombre des assassins m’attendait. Je n’étais restée que deux semaines, déplorables, dans le droit chemin. Je me séparai de mes alliés temporaires de ‘’La famille perdue’’ et repartis dans la direction de Brâkmar. Sur la route, j’essayai d’abattre les monstres que je voyais, à l’aide de ma magie nouvelle. J’avais encore beaucoup de mal à la maîtriser, mais ma précision et ma rapidité s’amélioraient de jours en jours. La puissance des sorts aussi. Au départ, je n’arrivais même pas à abattre un corbac en moins de deux flèches, et en arrivant à Brâkmar, j’abattais plusieurs ouginaks avec une seule de mes flèches enflammées. Je m’estimais prête à prendre du service en tant que mercenaire. Je pris la direction de la milice, du tableau d’affichage plus précisément.

Je vis que de nombreuses annoncent proposaient une somme d’argent non négligeable, demandant l'extermination d’un certain nombre de monstres, ou certaines ressources percevables sur ces monstres. Les annonces étaient classées par rang de dangerosité, allant de E, le plus faible, à SS, le plus élevé. Plus le rang de la mission était élevée, plus importante était la rémunération. Les annonces de rang D semblaient pour l’instant être les plus appropriées pour moi. J’en saisis donc une qui disait « Je recherche du sang de scorbute affin d’avancer dans ma quête de la pierre Archiphilosophale. Celui qui ramènera 10 unités de cette ressource verra son compte mercenaire crédité de 3 000 kamas. ».

Je déchirai alors l’annonce, et me dirigeai vers le guichet à coté du tableau pour m’inscrire et ouvrir un compte mercenaire. La personne que je réveillai pour cela m’expliqua alors que les avis de rangs E à C étaient en libre accès, mais ceux supérieurs n’était réalisables que par des mercenaires ayant prouvés leur valeur auparavant. Je me dirigeai vers la sortie de Brâkmar, mon arc dans une main, l’affiche dans l’autre, bien déterminée à revenir rapidement avec mes trophées.


Marquer l'essai...

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Sur la route, je m’arrêtai dans une auberge, dans le but d’en apprendre plus sur les scorbutes, où ils vivaient, leurs faiblesses, leurs réactions… Une fois que j’avais tous les renseignements qui me semblaient utiles, je sortis de la ville par le nord. Après avoir marché une petite heure, j’aperçus des bandes de scorbutes sauvages.

Ils étaient regroupés par six ou huit, chaque groupes vivant sans s’occuper des groupes voisins. Je me cachais calmement derrière les ruines d’une maison, carbonisées, et décochai mon arc. Je visai un groupe à l’ écart des autres, et générai une flèche explosive. Je visai le ciel, et elle retomba exactement au centre du groupe. L’affolement gagna les scorbutes, qui se mirent à piétiner en se tournant autour les uns, les autres. Nouvelle flèche, en tir direct cette fois. Trois individus tombèrent, sans vie. Ceux qui étaient de front. Les autres se mirent à courir dans ma direction. Je décochai alors des flèches magiques, bien plus rapides et puissantes que mes flèches explosives, mais ne ciblant qu’un point précis. Un de moins. Encore un autre. Il n’en restait plus qu’un, mais il était trop près maintenant, pour que je tire une nouvelle flèche magique. J’aurais tout juste le temps de la générer. J’encochai alors une de mes anciennes flèches de bois, que j’avais conservées en cas de coups durs, et visai entre les deux mandibules qui claquaient frénétiquement. Le dernier des scorbutes tomba à son tour.

Je n’avais plus qu’à récupérer leur sang. Je rangeai alors mon arc, et pris mon couteau. D’une entaille propre, j’ouvris le corps de chaque bête, l’une après l’autre, et récoltais le sang encore chaud qui en coulait, un récipient pour chaque bête. Il me fallait encore tuer quatre scorbutes. Il n’y avait nulle part de groupe de quatre, et j’avais eu assez peur pour la journée avec les six qui étaient tombés. Je choisis donc une technique plus subtile, plus « professionnelle »… Je tirais des flèches empoisonnées dans un scorbute dans le groupe, de façon à ce qu’il tombe seul et a l’écart du restant du groupe. Je n’avais alors plus qu’à récupérer calmement son sang. Pour les trois premiers, l’opération se déroula à merveille. Bien sur, c’était plus simple que de tuer un humain, je n’avais pas à me cacher, et la dose de poison était assez énorme pour que la bête meure rapidement.

Cependant, quand je m’approchai du quatrième, pour extraire son précieux sang, Il se redressa dans un sursaut, saisis ma manche entre ses mandibules, et planta son dard dans mon bras. Je l’achevai, récupérai son sang, mais sentis la fièvre me gagner. Je repartis en vitesse en direction de Brâkmar, espérant trouver quelqu’un capable de me soigner. A peine arrivée dans la cité, je me dirigeai vers l’atelier des alchimistes. Par chance, un maître alchimiste était présent, avec quelques novices, qui l’écoutaient attentivement. En me voyant entrer, il perdit le fil de ce qu’il disait, et, d’un coup, se jeta a mes cotés, me faisant boire une potion qu’il avait sorti de sa sacoche. Aussitôt, je m’endormis.

Je me réveillai quelques minutes, ou quelques heures plus tard, je n’en avais aucune idée, exactement au même endroit. Les néophytes avaient quitté l’atelier et le maître travaillait dans le coin opposé. En m’entendant bouger, il vint s’assoir à mes cotés, et mis sa main sur mes lèvres,à la fois pour que je ne parle pas, et pour que je ne me redresse pas. Il s’adressa à moi en parlant très lentement, mais j’avais quand même beaucoup de mal à saisir le sens de ses mots. Il me dit « Vous avez été piqué par Scorpitène l’Enflammé. Il s’agit d’un scorbute un peu spécial. Il a été béni par les dieux afin de mieux se défendre contre les aventuriers. En temps normal, le sang de scorbute ne tue pas de créatures plus grosses que les kolérats, et sur des humains, adultes, ne provoque que de fortes démangeaisons, mais lui, peut tuer un homme en deux heures. Une chance que j’ai été la. Je suis justement un spécialiste de ces créatures particulières, et j’avais préparé un puissant antidote au venin de scorbute en venant ici, au cas où je tomberais sur lui. On me donne bien des noms, mais le plus commun d’entre eux est l’Archimiste. Il me semble que vous avez été porteuse du poison un peu trop longtemps tout de même, je vais vous laisser quelques fioles de cet antidote, au cas où vous feriez une rechute. Gardez en toujours une avec vous. Je suis en train d’en préparer dans l’alambique derrière moi. Que faisiez vous à chasser les scorbutes ? » Finit il par me demander.

Je pris quelques instants pour moi, pour être sure d’avoir bien compris ce qu’il disait, et balbutia faiblement « Mercenaire… Une annonce… Recherche du sang de scorbutes… Une pierre… ». Il écarquilla les yeux et me dit avec un sourire gêné « C’est moi qui ai posté cette annonce hier en arrivant en ville. Si j’avais su que cette mission allait vous causer autant de tort, je ne l’aurais sans doute pas fait. Vous viendrez avec moi à la milice dès que l’antidote sera prêt pour que nous clôturions cette affaire. En attendant, mangez ça ! » Et sur ces mots, il me lança un morceau de pain très dense mais agréablement parfumé. Quand le pain eu entièrement disparu, je me sentais en bien meilleure forme.

Quelques instants après, l’antidote était dans mon sac, dans cinq fioles bien enveloppées dans des linges pour ne pas risquer de les casser. Nous sommes allés à la milice, et là j'ai remis le sang de scorbute à l’agent qui dormait toujours. Il contrôla que la qualité du produit et sa quantité correspondait bien à ce que l’annonce demandait, puis pris les sous de l’Archimiste contre le précieux produit. Il nota sur une feuille à mon nom l’objet de la mission, et la récompense, m’expliquant que la banque recevrait cet argent à mon nom le soir même, et que j’y aurais accès le lendemain matin. L’Archimiste expliqua alors ma mésaventure, et l’agent pris un air grave. Il me dit alors de sa voix trainante « Tu as vaincu Scorpitène l’Enflammé, c’est très bien… Il t’a eu aussi, mais tu ne savais pas à qui, ou plutôt à quoi tu avais à faire… Cela fait un moment que cette Bête (il insista sur ce mot) nous pose des problèmes. Tu devrais passer les tests. Tu es peut être apte à remplir des missions de rang B, sous certaines conditions… Je vais en parler à mes supérieurs, ce genre de décision prend généralement plusieurs jours à être traité. D’ici là, essaye de remplir des annonces de rang C ».

Je pris congé, l’Archimiste fit de même, et je me dirigeai vers la taverne la plus proche afin de manger et de passer la nuit. J’allais dépenser les derniers kamas que je possédais mais dès le lendemain, j’en aurais de nouveau pour payer plusieurs nuits, j’étais donc sereine sur ce plan là. Par contre, je savais qu’un violent poison circulait dans mes veines, il était endormi mais pas absent pour autant. Il allait falloir que je me surveille de très près pendant quelques temps, jusqu'à ce que mon organisme ne l’ait totalement éliminé.


... Qu'il se transforme


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Le lendemain, réveil à l’aurore. Mon crâne. Mon ventre. Je pensais exploser. Le poison ! Vite, je devais attraper mon sac et boire l’antidote. Plus que quatre doses. Et j’étais incapable d’en produire moi-même. Apres une heure ou deux de repos, j’étais remise sur pieds. J’allai donc à la milice, prendre une nouvelle affiche, de rang C cette fois, comme me l’avais soufflé l’homme de la veille, quand je me rendis compte que je n’avais pas récupéré l’antidote restant. Bon, je venais d’en prendre, je devrais tout de même tenir jusqu'à ce que j’aie pris une annonce, et que je sois revenue à la taverne. J’y ferais un saut avant de partir en mission.

Donc, priorité à l’annonce. Rang C… rang C… parfait ! « J’ai besoin d’une quinzaine de boomerangs de Dok Alako pour les vacances des enfants du quartier. Votre compte mercenaire sera crédité de 4 500 kamas sur réception des boomerangs. ». Je fis valider par l’employé de service la mission que j’avais sélectionnée, et partis pour la taverne. Cependant, sur la route, je fus prise d’une très violente crise. Que s’était-il passé ? Il n’y avait pas trois heures que j’avais pris l’antidote, et cette crise était, en quelques instants, bien pire que celle que j’avais pu endurer juste avant de prendre la première dose, longtemps après la piqure. Je continuais de marcher, en me tenant au mur. Ma vision se faisait de plus en plus trouble. Je voyais la taverne devant moi. Mes jambes commençaient à trembler dangereusement. J’étais à la porte. Encore un effort, ma chambre était la plus proche de l’entrée en plus ! Sur la première marche, mes jambes refusèrent de me porter. Je me hissai douloureusement en haut de la volée, toujours plus fiévreuse, je me glissais dans ma chambre à l’aveugle, ma tête me faisais trop mal pour que je comprenne ce que je voyais. Et d’un coup, je m’effondrai. Plus aucun son ne me parvenait, plus aucune image. Je ne savais même pas dans quelle position était mon corps. Puis petit à petit, je ne savais plus rien. Je ne ‘’savais’’ même plus.

Peut être cette situation dura-t-elle moins d’une seconde, peut être des heures, puis des images parvinrent à mon cerveau, suivies de sons. Mais quelque chose était étrange. Ce que je voyais, que j’entendais, que je sentais, ne semblait pas venir de l’extérieur. Tout était trop beau, trop parfait. Je me tenais dans un grand endroit blanc. Il n’y avait ni haut ni bas, je n’avais aucune conscience physique de cet endroit. J’étais comme flottante, mais pas de la même façon qu’on peut l’être dans la mer d’Asse. Je n’avais plus de poids. Mon corps semblait plus léger que l’air. Soudain, j’entendis un frottement dans mon dos. Je pivotai sur moi-même et tombai nez à nez avec Yuzushi. Il avait l’air en pleine forme et, à ma grande stupeur, avait ses deux bras.

Je lui lançai alors, pleine de surprise « Mais… Vous êtes mort ! ». Il me répondit avec le même ton que dans mes souvenirs, un peu moins méprisant peut être : « Moi, effectivement je suis mort. Mais toi, qu’est ce que tu fais ici ? ». « Je suis morte aussi… Je pense ». « Pas encore ! Regarde autour de toi, les autres morts ne sont pas ici. J’ai été appelé pour te guider. ». « Où sommes-nous alors ? ». « Ca, c’est à toi de me le dire. ». « Cet endroit ressemble… à une forêt. Mais pas comme celle ou j’ai grandit. C’est une forêt propre et parfaitement organisée. ». « Et bien soit, nous sommes donc dans une forêt. »

Quelque chose dans cet échange me semblait étrange. Outre le fait que nous flottions et qu’il semblait que nous étions morts. Je pris alors conscience que nous parlions sans ouvrir notre bouche. Plus exactement, que je parlais sans ouvrir la bouche. Je ne faisais que formuler les pensées et Yuzushi répondais. « Est-ce que tout ceci se passe dans ma tête ? ». « Bien sur ma petite, où voudrais-tu que cela soit sinon dans ta tête? Je suis toujours avec toi, pour te guider. Je suis très fier que tu ais suivi l’enseignement de Bocha. C’est une personnalité unique, mais il n’en reste pas moins le meilleur… Pour l’instant. Tu devrais trouver un allié avec qui travailler. Cela limiterais les risques et te rendrait plus efficace, et… C’est étrange que je dise ca mais… Plus sociale. ». « Un allié ? Travailler en équipe ? Mais avec qui ? Je tue ou désire tuer tout ce qui est vivant et qui m’approche, pour peu que cette « vie » dégage un minimum d’aura combative. ». « Réfléchis bien a ce que je t’ai dis, tu dois prendre ton antidote. Regarde autour de toi, le poison se diffuse. Tu dois continuer à le combattre. La prochaine fois que nous nous parlerons, tu seras morte. A bientôt. ». « Très drôle, et comment puis-je partir ? ». « N’oublie pas que nous sommes dans ton esprit. ». « Est-ce que tout ça est réel ? ». « Bien sur, l’un n’exclu pas l’autre. Allez, file. » Et il s’évanouit devant moi.

Je repris conscience, allongée sur le sol de ma chambre, animée d’une force nouvelle. Yuzushi ne se contentait plus d’observer. Il se battait avec moi, il me prêtait sa force. Je réussi dans un ultime effort à saisir une dose d’antidote et à en arracher le bouchon d’un coup de dent. Je l’avalai goulûment, et sentis rapidement mes forces revenir. Je mourrais de faim. Je me rappelai alors que j’étais à jeun, à la différence de la veille, car l’Archimiste m’avait forcé à avaler du pain. La différence venait sans doute de là. Je me dépêchai d’acheter un repas auprès du tavernier, et l’avalai en vitesse. Je ne su jamais ce que j’avais mangé tellement je me ruai dessus rapidement. Je me sentis tout de suite d’aplomb.

Je me mis en quête d’une petite réserve de pain, et pris la direction de la montagne des koalaks, que je connaissais maintenant si bien. La chasse se déroula sans le moindre soucis, et j’eus tôt fait de réunir mes quinze boomerangs. Je retournai à Brâkmar, sans ressentir la moindre faiblesse. Le secret était visiblement de ne pas rester le ventre vide. Je livrai les boomerangs à l’officier, qui nota mon solde. Au moment ou je lui donnai mon nom, il tira une enveloppe de sous une pile de documents qui occupaient tout le bureau, mais qui auraient très bien pu tenir sur un quart de celui-ci, et me la remis. Elle dégageait une odeur étrange, mais pas plus que le personnage. Elle avait visiblement passé la journée à ses côtés. Tout s’expliquait. Je la rangeai et pris la direction de la taverne, en marchant fièrement cette fois. Je m’occuperais de cette lettre le lendemain matin. Il était tard, et j’aurais très bien pu rentrer le lendemain ou le sur-lendemain. Rien ne pressait.
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MessageSujet: Re: Pacoss-Ticks, la loutre guerrière   Dim 22 Mai 2016 - 15:21

Crache-test


A mon réveil, une impression étrange m’assailli. Je me sentais étrangement légère, et en excellente forme. Je fis quelques exercices physiques, allant jusqu'à pousser mes limites habituelles. Je n’étais presque pas fatiguée, et tout me semblait plus simple. Mon organisme avait assimilé le poison, et s’en était retrouvé renforcé. C’était une bonne chose. Mon corps me semblait étrange, comme si j’avais grandit de quelques centimètres dans la nuit, et ma force s’était décuplée. Je passai quelques minutes à me contempler dans un miroir, et je me souvins de la lettre remise par l’officier la veille. Je l’ouvris négligemment et défroissa la feuille qu’elle contenait. Il s’agissait d’un mot de l’intendant de la cité. « Suite a votre demande, et à l’appuie de l’Alchimiste Archimiste, pour lequel nous avons une très grande considération, nous vous invitons à passer le test, vous et votre équipe, afin d'obtenir l’accès aux missions de rang A et B. Ce test se déroulera à l’étage de la milice entre 15h et 19h, le jour de votre choix, selon votre disponibilité. Nous vous souhaitons bonne chance pour le test. Bonne préparation. Signé : L’intendance de Brâkmar ».

« Mon… Mon équipe ? Je n’ai pas d’équipe, mais je devrais tout de même être apte à passer ce test, vu l’entrainement que j’ai reçu… » Pensais-je, étonnée par cette formulation. Je décidais de m’y présenter le jour même. J’étais dans de très bonnes dispositions, et n’allais faire de ce test qu’une bouchée. Je pris le soin de me reposer et de préparer mes affaires au mieux, huilant mon arc, triant mes meilleures flèches et aiguisant mon épée. 14h45. Il était temps de prendre la direction de la milice. Je me sentais toujours aussi bien depuis mon réveil. Je montais à l’étage de la milice, et me présentais à l’officier qui patientait en dormant derrière son bureau. « Bonjour, je viens pour passer le test de mercenaire, voila ma convocation ! » lui lançai-je avec énergie. « Hum… Bien bien, tout est en ordre –Il bailla a s’en décrocher la mâchoire, et failli tomber de son tabouret – mais ou est votre équipe ? » Grommela t’il en balayant la pièce des yeux. « Je suis une solitaire, monsieur. Je vis seule, je combats seule, et c’est très bien ainsi. De plus… Les gens qui m’approchent de trop près ont une fâcheuse tendance à mourir, de façon assez douloureuse… » Fut ma réponse.


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Il se leva de son tabouret, m’annonça qu’il allait chercher la personne qui devait me tester, et mis en mouvement son énorme postérieur en direction de l’étage supérieur. Il revint assez rapidement, avec un homme en armes sur ses talons. L’homme se présenta comme étant garde d’honneur de la milice brâkmarienne et m’annonça « Pacoss-Ticks, vous et votre équi… votre test consiste en un combat contre moi. Je serais pour ce combat armé uniquement de dagues. Je tiens à vous informer que personne n’est jamais sorti victorieux de ce test en étant seul. Le premier qui n’est plus en état de se battre gagne le combat. Êtes-vous prête ? » « Autant que l’on puisse l’être » répondis-je entre mes dents, déjà une main sur mon arc et l’autre sur mes flèches. « Et bien soit. Commençons. ». Il se jeta sur moi à une vitesse effroyable, il était à cinq mètres de moi, et le temps que je réagisse, il levait sa dague près de mon ventre. J’eus heureusement le réflexe de bondir en arrière, et d’armer mon arc. Je lui décochai une flèche en direction de la main, qu’il évita d’une facilité déconcertante, alors que je me tenais à moins de deux mètres de lui. Il était réellement redoutable. Ce combat n’avait rien à voir avec ceux que j’avais pu mener auparavant. J’avais eu des adversaires puissants, tels que Yuzushi, mais lui était juste rapide. Bien trop rapide. Je n’allais pas tenir longtemps, il fallait que je saisisse ma chance. Je compris que l’arc, à une si courte distance , ne serait pas l’arme la mieux adaptée, surtout qu’il pouvait prévoir la direction de mes tirs.

Je le jetais donc derrière moi, et me saisis de mon épée. Je bondis en l’air, abatant mon arme sur son épaule. J’étais trop près, il n’allait pas pouvoir éviter ce coup. Mais au dernier moment, il retourna son poignet, et quand mon épée le toucha, mon bras fut stoppé par sa dague, plantée dans ma chair, et butant contre un os de mon poignet. Je changeai rapidement mon arme de main, étant ambidextre, je n'étais pas plus handicapée. Je vis également que mon épée l’avait atteint à l’épaule. Il avait une plaie d’un pouce de profondeur qui séparait son épaule en deux, de l’avant à l’arrière. Son attitude changea du tout au tout dès ce moment. Il s’était montré jusque la très agressif, et maintenant, il se tenait droit au milieu de la pièce, les yeux mi-clos.

Je brandis alors mon épée vers une victoire évidente, et au moment ou je m’élançai, je sentis mes jambes flancher. Non ! Ce n’était pas le moment pour refaire une crise, surtout que je n’avais pas d’antidote sur moi ! Je puisai dans mes dernières forces pour sauter sur le soldat, et il m’évita en se décalant simplement de quelques centimètres sur le coté. Chaque coup d’épée que je donnais tombait dans le vide. Il les évitait tous. Et cela semblait lui couter de moins en moins d’efforts, alors que je me sentais plus faible à chaque seconde qui passait. Au bout d’un court moment, je m’effondrai, incapable de bouger. J’avais perdu lamentablement. L’officier qui m’avait accueillie à mon arrivée s’approcha du soldat, mis sa main sur l’épaule blessée, et quand il la retira, il n’y avait plus de trace de la blessure. Il s’approcha alors de moi, et me soigna avec la même rapidité. Je repris le contrôle de mon corps. Je compris alors que ce qui m’avait affaiblie n’était pas le poison du scorbute que j’étais ce matin persuadée d’avoir assimilé complètement. Le soldat s’approcha de moi, et me tendis la main pour m’aider à me relever. Ce que je fis sans m’occuper de lui. Il m’adressa alors la parole d’un air jovial.

« Que pensez-vous de mes dagues empoisonnées ? Efficace non ? Bien que vous soyez très douée, je le vois à vos déplacements, vous ne me battrais jamais ainsi. Vous avez du potentiel. Je vous encourage à trouver un ou deux compagnons, capables de soigner les blessures ou de soutenir une combattante telle que vous par exemple, et à revenir me voir une fois que vous aurez trouvé la ou les bonnes personnes. Sur ce, j’ai d’autres tests à faire passer. Bonne fin de journée ». Il se retourna et remonta à l’étage supérieur sans m’adresser un seul regard de plus. Pour ma part, j’étais bouleversée. Non seulement cette défaite avait porté un sacré coup à ma fierté, mais en plus c’était la deuxième fois aujourd’hui que l’on m’encourageait à trouver un compagnon d’armes. D’abord Yuzushi puis ce soldat… Je devrais peut être considérer la chose plus sérieusement, si je voulais prétendre à d’épiques missions de rang S ou SS un jour.

Je retournai à la taverne, récupérais mes affaires et payais la chambre au tavernier avant de partir. Je devais trouver un frère d’armes. Mais où ? Par où commencer les recherches ? Je pris la direction de la bibliothèque de la cité afin de pouvoir regarder une carte, et faire quelques recherches sur les différentes régions et leur population. Il y avait le village d’Amakna. Je pouvais y trouver de bons artisans mais certainement pas des guerriers. La cité d’Astrub, hors de question que j’y remette les pieds un jour. Bonta, ou Brâkmar ? Tous les aventuriers valeureux qui y trainaient avaient déjà une équipe. A part moi. L’ile de Pandala. On dit que les Pandawas sont de très fameux compagnons, pour le combat comme pour le lever de coude. Cependant, ils seraient dans l’incapacité de soigner qui que ce soit en cas de dangers critiques, et je n’ai pas d’argent à dépenser dans la boisson. Restait la cité de Sufokia. Il y avait très peu d’informations sur les Sufokiens, cependant on disait qu’ils étaient d’excellents artisans militaires, conjuguant la magie au bricolage. Je n’avais pas de meilleure piste, je décidais de prendre la direction de Sufokia le soir même. Peut être trouverai-je là bas une personne robuste, polyvalente et sympathique, que je n’aurais pas trop envie de tuer. Qui sait ?"


Accalmie

Je partais donc sans attendre vers l'Est, traversant le cimetière des torturés, la presqu'île des dragoeufs, le territoire des scarafeuilles, et enfin la péninsule des gelées avant d'arriver à Sufokia. Je profitais de la traversée de ces terres pour ajouter de nouvelles créatures à mon tableau de chasse, ajoutant de ce fait la liste de leurs faiblesses, ressistances, et stratégies à mon "encyclopédie" personnelle. Car, ces zones étaient nouvelles pour moi, et je comptais bien évoluer dans la hierarchie. Pour cela, je devrais certainement passer par là de nouveau.

Toujours est il que j'atteins Sufokia éreintée, mais bien décidée à trouver un allié. Pour cela, un endroit s'imposait de lui même, la Taverne! Je ne devais pas être belle à voir en y arrivant, puisque le tavernier m'offrit un repas. Il sagissait d'un homme vraiment chaleureux, avec lequel je tissais, pour la premiere fois depuis de nombreuses années, des liens qui pouvaient êtres assimilés à de l'amitié. C'était... atroce!Je ne pouvais m'empêcher de rire avec cet homme, nous partagions notre temps libre... Avec le recul, je me dégoute un peu en y repensant. Mais ce qui importait le plus a mes yeux, c'était de trouver un partenaire de combat, un compagnon d'armes.

Je déambulais donc dans la citée, étudiant la culture de ces gens appellés Steamers, inconnus à Brakmar, jusqu'au moment où, je trouvai enfin ce que je cherchais. Enfin, ça, je ne le savais pas encore. Une jeune file assez étrange, avec un masque de scaphandrier sur la tête, se tenait dans l'encadrement d'une porte, bloquant le passage devant dans la ruelle. "Je ne supporte plus de vivre ici, avec vous! Vous, qui etes si parfaits, vous ne m'avez jamais vu autrement qu'une tache dans votre merveilleux tableau de vie! Je pars! Je vais rejoindre les grandes citées, et me mettre à mon compte. Adieu!". Elle claqua viollement la porte, et sembla surprise entombant nez à nez, ou plutôt casque à nez avec moi.

[youtube=FRzRtlhoaKM]https://www.youtube.com/watch?v=FRzRtlhoaKM[/youtube]

Elle bafouilla : "Euh... désolée. Ca ne fait pas trop longtemps que vous attendiez j'espere! ". "Non, pas si longtemps, ne t'en fais pas. Tu cherches à quitter sufokia? Je travaille justement à Brakmar et je cherche un partenaire... Es tu habile avec les arts Steamers?" demandais-je, pleine d'espoir. Elle rougis "Et bien... pour ce qui est de la création d'armes et d'objets technomagiques, je suis la meilleure! Par contre, pour ce qui est des arcanes de combat... je suis très puissante mais.. juste puissante. Mes sorts font un peu n'importe quoi, et pour ainsi dire jamais ce que je veux."."Que dirais tu qu'on fasse un essai de combat en équipe?"."Si tu veux mais... tu fais quoi comme comme travail à Brakmar pour qu'on ait à faire un essai de combat?"."Ah oui c'est vrai... Je suis mercenaire. Assassin si tu prefères. Tu veux venir avec moi alors?"."Euh... Euh... Oui si tu veux mais... je sais a peine me battre..."."C'est pas un soucis ça, tu vas apprendre sur le terrain, et de toute façon c'est moi qui resterai en première ligne!".

Nous prîmes donc la route de la péninsule des gelées, cote à cote, sans parler. Ce n'était pas necessaire, ni pour elle ni pour moi. Nous nous entendions déja. Je devais la juger. D'un coup, je me souvins que je ne lui avait même pas demandé son nom... Ce que je m'empressai alors de faire! Elle sursauta et articula péniblement "Sweete... Rail."."Bien!" fut ma seule réaction, avant de retourner dans mon mutisme habituel.

Une fois sorties de Sufokia, je dis enfin : "Tu vois le groupe de gelées là bas? Je vais les attaquer. Naturellement, elles vont tenter de riposter, et je devrai m'exposer pour les éliminer. Ce que j'attends de toi, c'est que tu m'épaules. Que tu me soignes si tu en as l'occasion, que tu amplifies mes pouvoirs, que tu les ralentissent... en bref, montre moi ce que tu sais faire, compris?"."Oui, je... je vais faire de mon mieux". Ce n'était pas une réponse de combatante ça! "J'espere bien" grommelais-je en encochant ma premiere flèche .

Je tirais alors une flèche magique, qui traversa l'espace qui nous séparait des gelées, et en tuai une sur le coup. Les autres, alors, se tournèrent vers nous, l'air absolument enragées. Des tentacules gélatineux jaillirent de leurs corps en s'agitant. Je cria alors "A toi!"en m'écartant.

Sweete plaça ses mains devant elle et cria, l'air sûre d'elle "Invocation de tactirelle, évolution II!" Une tourelle surmontée d'un globe élégament bleuté apparu entre les monstres et nous, et une ancre immense s'abbatit dessus aussitot, la détruisant. Elle gémit alors "J'avais demandé tactirelle et évolution, pas gardienne et ancrage... Je suis désolée... M'ennerve!!". Je lançais quelques flèches de recul sur les gelées, qui étaient repoussées une dizaine de mètres plus loin grâce à l'onde de choc et l'encourageais. "Seconde chance, vas y!". "Tactirelle!". Une nouvelle tourelle apparu. Elle était differente. Il s'agissait d'un pilier surmonté de grilles. A l'approche des gelées, un courant d'air puissant jaillit des grilles, repoussant les gelées en les dispersant.

Alors, j'achevai les créatures une à une, profitant de l'avance que la tourelle me donnait à chaque fois qu'elles tentaient de s'approcher. Une fois que toutes les gelées eurent disparues, j'éclatais d'un rire nerveux et dis "Je t'engage! Haha! En plus de m'avoir efficacement aidée, tu m'as faite frissonner... et ça... j'adore." Elle avait l'air horrifiée en me voyant et en m'entendant. Ce que j'avais fait, c'était pourtant bien peu de choses!

Elle reprit ses esprits et prit son temps pour répondre. "Je ne sais pas trop.. Ce combat.. tu as bien vu à quel point je peux être dangereuse! Et encore, là, on a eu de la chance! Par contre... Ton arc et tes flèches sont si... rudimentaires! Je pourrais te sculpter des armes bien plus efficaces... et adaptées à ta façon de faire... Tout compte fait, j'accepte de travailler avec toi, un temps au moins. Puis, quand j'aurais acquis plus d'experience, je monterai ma propre boutique d'armes magiques!" Depuis qu'elle parlait d'armes, sa voix avait changée. D'hésitante, elle était devenue assurée, pleine d'energie et d'entrain. C'était donc ça sa vrai passion, sa raison de vivre! Je tuais, et elle préparait les armes de mort. Nous devrions nous entendre.

Nous allâmes donc à la taverne nous reposer, afin de partir le lendemain au lever du jour. Pour ses premiers pas vers l'aventure, je n'allais pas lui faire traverser le cimetierre des torturés en pleine nuit... J'avais eu assez de mal à la trouver comme ca! Elle s'endurcirait quand elle n'aura plus le choix, en mission. Je devenais décidemment bien trop humaine...
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MessageSujet: Re: Pacoss-Ticks, la loutre guerrière   Dim 22 Mai 2016 - 15:22

Preuves

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Dans la taverne, nous commandâmes à manger, et Sweete enleva enfin son scaphandrier. Elle avait vraiment un visage magnifique, mais quelque chose n'allait pas. Elle n'avait qu'un œil. Le deuxième était remplacé par une pierre rouge, légèrement scintillante, gravée d'une rune jaune en forme d'iris. Elle vit que je la dévisageait et commença à se tortiller sur sa chaise, le teint empourpré, visiblement mal à l'aise.

Elle dit : "Oui j'ai... j'ai perdu un œil. c'est pour ça que je porte mon scaphandrier, pour ne pas effrayer les gens.". elle m'expliqua alors qu'elle l'avait perdu en essayant de lancer un sort qui avait eu un effet désastreux. Elle me parla ensuite de la pierre qu'elle avait créé pour remplacer l’œil. Comme je m'en doutais, elle était bien magique. La pierre utilisée permettait de connaitre le point faible de n'importe quel adversaire, et la rune qui l'ornait produisait une sorte de zoom à volonté, très pratique d'après elle pour bricoler. Dans ma tête, il n'y avait plus qu'une chose... "les points faibles... intéressant...".

Nous quîtames sufokia aux premières lueurs du jours, et nous arrivâmes sans encombre a brakmar. Nous allâmes directement à la milice, afin de prendre une mission, qui, bien que assez simple, nous permettrait d'apprendre à travailler ensemble. Nous devions ramener un gigapod de pierres de craqueleur, pour la rénovation de la boucherie. Quand nous fûmmes prêtes et reposées, nous partîmes chercher les craqueleurs.

Grace à l’œil de Sweete, je savais exactement où viser, et avec quelle flèche pour être au plus efficace, et quand ses sorts n'échouaient pas (ce que je voyais comme une bénédiction, vu la rareté de la chose), ils me permettaient de souffler un peu, et de regagner mon énergie. A nous deux, le gigapod de pierres fut vite réunis et nous reprîmes la route pour empocher la récompense. Je profitais du passage à la milice pour informer le garde que nous étions prêtes à repasser l'évaluation dès le lendemain.

Ce soir là, j'expliquai à Sweete en quoi consistait l'évaluation et nous établîmes une stratégie. "Donc, résuma-t-elle, notre adversaire est extrêmement faible, un seul coup bien placé et c'est plié, Il est juste extrêmement rapide et toute sa puissance est basée sur sa vitesse et le poison de sa dague. Grace à mon œil, je devrais pouvoir te dire avant le début du combat comment le battre en un coup, après c'est à toi d’être suffisamment précise pour le toucher.". "C'est l'idée. Dit comme ça, ça a l'air facile. Mais tu devrais essayer d'invoquer ta tactirelle pour me donner une longueur d'avance. Si elle le repousse, je n'aurais qu'a tirer dans la direction où il sera poussé. Tout devrait bien se passer... j'espère...".

Nous nous présentâmes donc, et , en arrivant devant le milicien, Sweete me glissa "Il est... faible. Le moindre choc va le désarçonner. Si tu le touches au niveau des jambes, c'est gagné. Il ne pourra plus rien faire.". Le milicien me dit alors dans un clin d’œil : "Je vois que tu sais écouter un conseil. C'est bien. Ça pourrait te sauver la vie prochainement... Nous pouvons y aller?". "Quand tu veux, Sweete." grinçais-je entre les dents. Pour seule réponse, Sweete se mit en position de combat. Le milicien l’imita. La lutte commençait. J'observais. Sweete cria "Tactirelle!", le milicien commença à s'avancer, et un nuage de vapeur apparu sous ses pieds, le brûlant douloureusement sur tout le bas du corps. Sweete grimaça, excédée par sa maladresse magique. Mais ce dont elle ne se doutait pas, c'est que nous avions gagné. Brûlé aux jambes, le milicien ne pouvait plus courir. Il lança son poignard dans ma direction, avec une précision remarquable. Je ne pourrais pas l'éviter. Je tirai alors rapidement, en un geste et sans réfléchir, deux de mes vieilles flèches en bois. Elles se dirigeait respectivement vers son cœur et son œil droit. Il se poussa de justesse,esquivant la flèche qui aurait du lui transpercer le crane, mais la seconde se planta dans son épaule droit, paralysant son bras armé. Pendant ce temps, le poignard lancé s'était planté dans mon ventre, et je sentais déjà mes forces me quitter. Il en avait déjà ressorti un nouveau. Il sourit, enfin... sa grimace pouvait faire office de sourire, et il dit : "Je ne peux plus courir. Ni me battre. Vous avez gagné." Je m'évanouis aussitôt, voyant le milicien soigneur s'élancer vers l'air de combat. Je sombrai définitivement.

Quand je me réveillai, Sweete était penchée sur moi. Elle était... indescriptiblement belle. La fièvre me faisait délirer. Elle posa sa main chaude sur mon front et je me rendormis.

Je me réveillai à nouveau, seule cette fois. Il faisait nuit; je regardais autour de moi et constatais que j'étais de retour à la taverne. Sweete dormait sur le sol. En me levant,je la réveillai. Elle s'enquit de mon état. Voyant que j'allais bien, elle m'expliqua que le milicien ayant été gravement blessé, il avait été soigné en priorité. Le poison était donc resté trop longtemps dans mon organisme. Mais surtout, nous avions gagné. Nous avions une licence de mercenaires professionnelles, nous permettant d'acceder aux missions de rang supérieur.

Bricole-girl

Quand je fus reposée, et que j'eus éliminé tout le poison de mon organisme, Sweete me fit part d'une idée qui la tourmentait depuis qu'elle m'avait vue me battre contre les gelées, d'après elle : mes armes étaient trop archaïques, il m'en fallait des nouvelles.

Elle m'annonça alors qu'elle allait me créer un nouvel arc, équipé de la techno-magie des steamers.

Nous prîmes le chemin de l'atelier des tailleurs, elle portait dans ses bras une minuscule mallette. Arrivés devant l'établis, elle sorti un mètre de couturière. Elle mesura la longueur de mes bras, du poignet a l'épaule, du poignet au bout des doigts, du coude a l'épaule... elle prit en tout une douzaine de mesures avant de sembler satisfaite. Elle sortis une feuille, un crayon, et se mis a calculer plein de choses. Au bout d'un long moment, elle me fit signe d'approcher et de regarder ses dessins.

"Voila ton nouvel arc. Il est plus petit que l'ancien et plus courbé, comme ça il aura plus de puissance, mais sera plus dur a bander. Mais tu as la force nécessaire. Il sera en bois de bambou sombre. C'est un bois noble, très résistant, a l'épreuve du feu, assez peu souple, ce qui rajoutera encore de l'explosivité a tes tirs. Pour la corde, on va prendre de la ficelle basique, que je vais préparer avec des potions bien particulières, qui lui conféreront plusieurs pouvoirs. Elle sera elle aussi a l'épreuve du feu, et incassable, mais les flèches qu'elle propulsera deviendrons triples, ainsi ton stock de flèche est agrandi et tu pourras toucher plusieurs ennemis a la fois. Maintenant, pour les flèches magiques, je vais incruster une gemme de technomagie qui aura globalement le même effet. L'idée te plais?"

J'étais assez abasourdie par ses explications. Depuis qu'elle s'était lancée sur ce projet, ce n'était plus la même. Elle n'était plus du tout maladroite et timide, la elle paraissait sûre d'elle, en pleine possession de ses moyens, et même un peu possédée. Je balbutia "Euh... oui". a peine l'avais-je dit qu'elle avait ouvert sa mallette qui, d'un coup paraissait énorme "techno-magie" dit elle simplement. Elle en sorti du bois rouge, de la ficelle, et plein d'outils aux formes variées.

"La ficelle est déjà traitée, je l'avais prévu. regarde moi si tu veux, mais ne touche absolument a rien. Il risque d'y avoir des pertes de magie instable."

Je fis deux pas en arrière et l'observa. Longuement, a l'aide d'une sorte de rabot, elle tailla le bois de bambou sombre jusqu’à n'avoir plus qu'une mince lamelle. Elle recommença trois fois cette opération, ses gestes étaient absolument bluffant de part leur précision. Elle faisait toujours le même mouvement, avec la même force, la même vitesse. Une fois les trois lamelles obtenues, elle les tressa très lentement, afin d'avoir une tresse parfaite, sans la moindre imperfection. Elle déformait le bois avec une lenteur et une minutie extrême. Sa peau ruisselait de sueur et les muscles de ses bras et de ses épaules étaient sollicités au maximum de leur potentiel. Au bout d'un long moment, la tresse était finie, préparant la courbe de l'arc. On ne distinguait plus les différentes lamelles, elles formaient un tout. Elle Pris la ficelle, et d'un geste souple, fixa l'une des extrémités a un des bouts de la tresse. Elle sorti de sa mallette une sorte de poulie miniature, passa la corde et le deuxième bout de la tresse dedans et commença a tendre. régulièrement, elle tirait sur la corde avec son ongle, comme le font certains avec les cordes d'un luth. Quand une note, particulièrement cristalline, se fit entendre, elle sourit et fixa la ficelle et la coupa, ne laissant plus de droit a l'erreur.

Elle posa l'arc et pris une gemme brute, noire, ainsi qu'un minuscule couteau. Elle commença a entailler la pierre qui semblait pourtant indestructible. Elle murmurait en même temps qu'elle taillait. Son coutelas était précis et coupait la pierre avec la même facilité que s'il sagissait de chair. Elle repris ensuite l'arc, et créa une poignée avec des pièces de cuir. Sur cette poignée, il y avait un socle en métal joliment ouvragé, sur lequel elle sertis la pierre. Elle retoucha quelques instants les finissions, et se retourna vers moi, me tendant l'arc nouveau né.

"Voici ton nouvel arc. Il s'appelle "L'arc du phénix". Il sera bientôt ton nouveau meilleur ami. Je n'ai jamais entendu parler d'un autre arc avec ces capacités, excepté dans une vieille légende, qui parle d'un peuple étrange, mais composé de vaillants guerriers vivant au delà des mers. La meilleure archère de ce peuple avait un arc semblable qui portait le même nom. J’espère que tu sauras t'en montrer digne et qu'avec lui, tu réalisera de grandes choses."
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MessageSujet: Re: Pacoss-Ticks, la loutre guerrière   Dim 22 Mai 2016 - 15:23

Tournant

A partir de ce moment, Sweete et moi avons trouvé un rythme de travail qui nous convenait a toutes les deux. Nous nous entraînions ensemble tous les jours, j'affinais mes stratégies, et Sweete apprenais a contrôler de mieux en mieux ses pouvoirs, qui se révélaient être assez puissants. Mais elle me réservait de temps a autres quelques surprises tout de même. A deux, nous remplissions des missions de rang B sans le moindre soucis, et parfois quelques missions de rang A. Nous nous faisions notre petite renommée, accomplissant a deux les mêmes exploits que les autres groupes a quatre.

Les missions se succédaient, donc, jusqu'au jour ou le milicien nous annonça, tout fier, en nous tendant notre fiche, que nous avions réalisés cinquante missions de rang A, et donc que les missions des degrés supérieures nous étaient accessibles. Cependant, il précisa que les difficultés que nous pourrions y rencontrer seraient sans commune mesure avec celles que nous avions eu a surmonter. Ceci étant dit, nous avons décidé de prendre quelques temps de repos.

Nous nous séparâmes, Sweete alla rendre visite a sa famille, a Sufokia, et je choisis de m'exiler dans les montagnes des craqueleurs afin de continuer a m’entraîner, pour développer ma force brute.

Je n'avais jamais oublié le dernier récit de Yuzushi, et j'avais décidé de prendre exemple sur l'entrainement qu'il avait eu lors de sa jeunesse. je me battais donc contre des craqueleurs, armée de mon épée au début, puis a mains nus, m’entraînant ensuite a lancer leurs lourds cadavres ou a courir avec, les traînant derrière moi.

Pour la première fois de ma vie, je me sentais seule. Bien sur, j'avais toujours vécue dans la solitude, mais cette fois, j'en souffrait. Yuzushi me manquait, Sweete me manquait. Je ne savais plus quoi penser, ce sentiment était nouveau pour moi. J'étais un peu perdue. devais-je aller la chercher a Sufokia pour que nous nous remettions au travail plus tôt? La date que nous nous étions fixée approchait, sans que je ne me soit décidée a bouger, et c'est presque soulagée que je repris la route de Brâkmar.

j'étais revenue avec trois jours d'avance. Pour tuer le temps, je décida de me lancer dans une mission de rang S seule, pour tester mes nouvelles capacités physiques, que je ne me soit pas entraînée pour rien. Je fus agréablement surprise de ne rencontrer aucune difficulté a récupérer des cornes de Minotot. J'avais bien sûr du redoubler d'ingéniosité et d'adresse, mais c'était ma spécialité. J'étais de retour a Brâkmar quand Sweete rentra. Mais ce qu'elle m'annonça me pris de court.

"J'ai décidé de créer mon atelier de facture d'armes magiques. Maintenant, j'ai assez de sous pour acheter un local, m'équiper et commencer une production. Je suis désolée de te laisser tomber mais... Tu sais bien que c'est mon rêve depuis toujours... J'ai énormément appris a tes cotés, je ne l'oublierais jamais... Voila, bon courage pour la suite. Et je serais toujours la pour réparer ton matériel, ne l'oublie pas!".

Elle parti sans un mot de plus, n'osant pas me regarder dans les yeux. Je n'avais pas réussi a parler, je ne savais décidément plus ou j'en étais. Pourquoi son départ m'affectait il autant? je savais depuis le début que nous ne travaillerions pas toujours ensemble. Mais je m'étais attachée a elle, je ne pouvais pas le nier. Me revoilà seule. J'étais devenue bien plus forte que je ne l'étais en arrivant a Brâkmar le premier jour, mais je portais aussi une souffrance que je n'avais pas a cette époque.

Je n'avais plus qu'une chose a faire. Travailler. Seule, je pouvais choisir les contrats qui me convenaient le mieux, et je me spécialisa dans l'élimination de monstres et l’assassina de personnes, influentes ou non. Bien sur, ces contrats la, je ne les prenais pas a la milice, mais ma renommée suffisait a attirer les clients jusqu’à moi. Je continua ma petite vie tranquillement, toujours seule, ne voulant plus connaitre le sentiment que j'avais éprouvé lorsque Sweete m'avait quittée. Mais un jour, un contrat me fit marquer un temps d'arrêt. Je devais a nouveau assassiner quelqu'un. Mais pas n'importe qui. Le nom sur la fiche me fit frémir. Bocha-Pô.
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MessageSujet: Re: Pacoss-Ticks, la loutre guerrière   Dim 22 Mai 2016 - 15:28

Coup critique


Mon employeur était anonyme, mais qui qu'il soit, il était bien renseigné. Bocha avait fait beaucoup d'efforts pour se faire passer pour mort, et presque personne ne savait que je l'avais rencontré.

Mais je savais où le trouver, et la récompense suffirait a me mettre au chaud de longs mois. J'avais donc accepté, après tout, j'avais bien prévu de l'affronter un jour ou l'autre, ce moment était donc arrivé.

je m'équipa donc avec soin, et pris la direction de la montagne des koalaks. En arrivant dans le territoire des dragodindes, je m’arrêta et réfléchis a la manière de procéder. Je ne pouvais pas me permettre d’accéder au cimeterre en mourant, e serais trop affaiblie. La meilleure solution me semblait être d’escalader la montagne pour passer par le haut. Et rester dans la montagne pour l'assassiner. Ainsi, je minimisais les risques. Il était l'adversaire le plus dangereux que j'ai eu a affronter a ce jour, avec Yuzushi.

Je commença l’ascension, ça me semblait interminable. Mes bras me lançaient rapidement. Je n'avais pas l'habitude de faire ce genre d'efforts, et ça me coûtait énormément. J'approchais du sommet. Il me restait quelques dizaines de mètres pour être a la crête, et avoir une vue plongeante sur le cimeterre. Je me reposa quelques jours, pour être au mieux de ma forme. Je savais que j'en avais besoin.

Quand je m’estima prête, je gravis très lentement la distance qu'il me restait a parcourir, en prenant bien garde de e pas faire chuter de pierres sur l'autre versant. Je m'allongea, embusquée derrière un rocher. Je n'avais droit qu'a un essai. Je connaissais son rythme de vie. Je choisis pour l'attaquer qu'il rentre de la chasse, pensant que l’euphorie des prises fraîches, et la baisse de concentration joueraient en ma faveur.

J'encocha mon arc et généra des flèches magiques. Certes, elles crépitaient légèrement, mais j'étais a plus d'un demi kamètre de lui, il ne pouvais pas l'entendre, et il aurait fallu qu'il regarde dans ma direction avec attention pour discerner la faible lueur des flèches.

je respira un grand coup, et tira. La corde claqua et la flèche parti a une vitesse ahurissante, dans un très léger sifflement. Elle se scinda en trois, grâce aux pouvoirs de mon arc magique. Bocha n'esquissa pas un geste dans la direction des flèches. Il n'avait rien vu. J'allais l'avoir.

Mais a la dernière fraction de seconde, Il se baissa pour éviter les flèches et dans un éclair, tira une flèche magique d'une taille impensable. Je ne l'avais vu ni saisir son arc, ni tirer. Il était déjà reparti calmement vers sa grotte quand la flèche atteint mon promontoire, le faisant s'effondrer et m’assommant. Je chutais avec les pierres dans une véritable avalanche. Une pierre cogna mon crâne. Tout devint noir.

Je ne pouvais pas bouger. Je ne pouvais même pas ouvrir les yeux. Je n'entendais rien. Je ne pouvais presque pas respirer. Je pris conscience de l'atrocité de ce qu'il m'arrivait. J'étais enterrée vivante!

Je ne pouvais pas sortir de ma tombe. C'était sans doute des koalaks fossoyeurs qui avaient trouvé mon corps inconscient. Je resta coincé la longtemps. Très longtemps. Régulièrement, le manque d'eau, de nourriture et d'oxygène me faisais défaillir. Je ne sentais plus mes membres. J'étais en train de devenir folle. Dans cette tombe, après un temps qui me semblait être des années, alors que je sentais que mes dernières forces étaient sur le point de me quitter, je fis un rêve étrange.

Je me retrouva dans un grand espace blanc et vide. Je flottais, toujours immobilisée. Ce rêve ressemblait étrangement a celui ou j'avais vu Yuzushi, alors que j'étais empoisonnée. Je le chercha autour de moi, et ne le vis pas. Puis j'entendis les feulements d'un animal, semblables a ceux d'un chacha, mais la créature semblait bien plus grosse. Elle se mit alors a parler dans mon dos.

"Bonjour Pacoss-Ticks. Je suis une archère comme toi. J'ai vécu il y a de nombreuses années, dans un pays très loin, au nord de ton continent, par delà les mers. C'est moi qui suis a l'origine de la légende sur laquelle ton amie s'est basée pour créer ton arc. J'ai été la première personne sur ce monde a en manier un semblable. Je suis une femme-loutre, et je m'appelle Pacosstorm, du clan Razul. étrange coïncidence que nos prénoms se ressemblent autant n'est ce pas? Je peux t'aider a sortir, si tu m'aide aussi a sortir. Je veux revenir sur le monde des vivants. Laisse moi une place dans ton âme, et je t'accompagnerai. A nous deux, nous avons les moyens de devenir la meilleure archère de tous les temps. Sinon je te laisse mourir de soif sous terre, et tout sera fini. Qu'en dis tu?"

"Pour survivre, et devenir toujours plus forte, aide moi, et je ferais en sorte que le monde se souvienne de toi."

"Bien. Sortons d'ici déjà."

Je me réveilla, et sentis alors la terre bouger au dessus de moi, puis une main m'agripper, et me tirer hors de ma tombe. J'ouvris péniblement les yeux, je n'avais pas vu la lumière du jour depuis si longtemps... et je n'avais pas respiré d'air frais... Je pris mon temps. Quand ma vue se stabilisa, je vis alors que mon sauveur n'était autre que Bocha.
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